Blogue-Notes du CÉRRIS

14 août 2012

Bloguez pour un débat d’idées – Thématique 2

Filed under: Uncategorized — CÉRRIS @ 7 h 00 min

La sexualité dans le rétablissement des personnes utilisatrices de services en santé mentale: est-ce possible?

Bienvenue au second débat d’idées organisé par le CÉRRIS!

Le but de cette activité est de réunir une dizaine d’acteurs en santé mentale regroupant des étudiants, des utilisateurs de services et leurs proches ainsi que des intervenants afin de susciter la réflexion, émettre différents points de vue et approfondir un sujet relié à la santé mentale. Voici quelques pistes de réflexion pour la thématique 2:

  1. La sexualité composante du rétablissement : est-ce qu’on s’en préoccupe suffisamment?
  2. Découvrir sa sexualité en même temps que d’apprendre qu’on est atteint d’une maladie mentale.
  3. Troubles mentaux et maternité : est-ce compatible?
  4. Milieux d’hébergement et intimité.
  5. Médication et libido : y a-t-il une place pour une prise de décision partagée?

Les blogueurs partageront leurs commentaires, leurs idées et leurs réflexions sur une période de trois jours, soit du mardi 14 août au jeudi 16 août 2012.  Le débat débutera le mardi matin à 8h00 et se terminera le jeudi à 17h00.

Les blogueurs devront émettre au moins un commentaire au cours des trois journées. Chaque commentaire accordera aux blogueurs un billet de tirage pour remporter un iPod touch d’une valeur de 200$* ainsi qu’une des deux cartes-cadeaux iTunes d’une valeur de 25$* chacune. Alors, soyez bon joueur… et bloguez pour un débat d’idées!

PSST!  Commentez les interventions des blogueurs et courez la chance de remporter une carte-cadeau iTunes d’une valeur de 25$*. Bon débat!

L’équipe du CÉRRIS.

*Le tirage des prix se fera  le 17 août 2012 à midi. Les gagnants seront contactés à leur adresse électronique utilisée lors des débats (cachée lors des débats). L’annonce se fera aussi sur le Blogue-Notes.

182 commentaires »

  1. Maternité et troubles mentaux: est-ce compatible?

    Comme personne souffrante de schizophrénie, je n’aurais jamais pensé pouvoir être un jour une mère. Toutefois, avec ma détermination et le soutien de mon mari, j’ai enfin pu donner naissance à une petite fille.
    Ainsi, je peux dire que la maternité est compatible avec mon diagnostic. Cependant, je n’aurais pas pu réaliser ce rêve sans l’aide de mon psychiatre et des intervenantes de la Maison Bleue.

    Mais ce rêve n’est qu’un aboutissement de plusieurs cauchemars, car j’ai dû vivre des souffrances face à cet objectif de vie. Certaines personnes se sont opposées à ce que je veule ‘donner naissance.’ Or, malgré que je crois que la maternité est compatible avec mon diagnostic, d’autres personnes diraient le contraire.

    Bref, dans mon passé, j’ai dû vivre un avortement parce que mon entourage ne considérait pas que je serais apte à prendre soin d’un enfant avec mon conjoint de l’époque, qui lui aussi était souffrant de la même maladie. Cela a été difficile à vivre et je crois que c’est la raison principale pour laquelle, plusieurs années plus tard, j’ai fait une rechute, étant donné que je vivais de la culpabilité parce que j’étais profondément perturbée d’avoir fait cela.

    À une autre période, j’ai fait une fausse couche (alors en couple avec mon mari actuel). Mais avant que cela se produise, mon psychiatre des soins intensifs voulait que je me fasse avorter. Et puisque je ne voulais pas refaire cette erreur du passé, il m’a dit qu’il allait déposer une plainte à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

    Je peux maintenant dire que les gens, même ceux du domaine de la santé, cherchent, le plus souvent, à empêcher les personnes qui ont des troubles mentaux de réaliser leur projet d’enfanter…

    Pour le peu de ressources que j’ai autour de moi, je me compte tout de même chanceuse! Or, je critique le système de santé parce qu’il n’offre rien pour aider les mères atteintes de troubles mentaux, aucun encadrement et soutien en soins pré et post-nataux.

    Merci de m’avoir lu,

    Danielle

    Commentaire par Danielle — 14 août 2012 @ 8 h 20 min

    • Bonjour Danielle,

      Avec-vous pris des médicaments pendant votre grossesse?

      Merci.

      Commentaire par Janina — 14 août 2012 @ 8 h 38 min

      • Bonjour Janina, oui j’ai pris de la médication, haldol 0,5 mg et je suis à 1 mg parce que j’allaite ma fille. D’ailleurs, avant ma grossesse qui a été à terme, j’ai été également enceinte et j’étais en psychose profonde, alors ma famille m’a amené à l’hôpital et le médecin a prescrit un test de grossesse où le résultat était positif. À ce moment, j,avais cessé ma médication depuis plusieurs mois pour des raisons personnelles. Bref, le médecin m’a prescrit de l’haldol sous la recommandation du juge et tout de suite cela fait effet. J’étais plus fonctionnelle. Cependant, peu de temps après, j,ai fait une fausse couche. Mais malgré ma tristesse, ce n’était pas grave, parce que le médecin des soins intensifs voulaient déposer une plainte à la DPJ, ce qui me donnait un grand stress…

        Commentaire par Danielle — 14 août 2012 @ 10 h 17 min

    • Bonjour Danielle.

      je suis étudiante en ergothérapie et votre témoignage vient beaucoup me chercher, mais surtout me confronter. Comme future professionnelle de la santé, je me rends compte que j’apprends des solutions pour toutes sortes de problématiques que les clients peuvent rencontrer, mais que ces solutions, comme pour la maternité et la santé mentale, consiste souvent à faire comprendre au patient qu’il doit changer d’objectif de vie…

      D’un autre côté, on nous rappelle sans cesse que les personnes atteintes d’une maladie mentale sont des personnes comme tout le monde, qu’elle mérite le respect, leur place dans la société, etc. Or, empêcher d’avoir un enfant exclut la personne! J’ai toujours été du côté des optimistes, qui sont certains que les choses peuvent changer, qu’il finira toujours une solution qui sera autre que être  »raisonnable » et abandonner son projet pour s’en trouver une autre, surtout pour un projet de vie d’une telle importance.

      Toutefois, la sexualité est très très très rarement abordée dans ma formation, et je me sens démuni à l’idée de l’aborder éventuellement avec un client, parce que tout ce que je crois que je pourrais faire pour une cliente qui aurait votre problématique, c’est de montrer que je comprends et d’être à l’écoute lorsque les difficultés se présentent. Est-ce tout ce que l’ont peut faire et surtout est-ce suffisant?

      Joanie Lepage
      Étudiante en ergothérapie

      Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 8 h 41 min

      • Bonjour Joanie, Voilà l’idée que je voulait souligner dans mon témoignage au sujet de l’approche du personnel soignant. Moi je crois que l’écoute est la clé et l,acceptation des décisions de la personne dans la mesure où celle-ci à les ressources pour l’encadrer dans son projet de maternité.

        Commentaire par Danielle — 14 août 2012 @ 10 h 21 min

    • Bonjour Danielle,

      Votre témoignage est très révélateur des tendances dans le monde de la santé particulièrement de la santé mentale. Les nombreux préjugés tendent à garder les personnes utilisatrices de services en santé mentale dans une identité de « malade » ou de « schizophrène ». Et, heureusement pour vous, et grâce à votre courage et votre persévérance, votre maternité vous a fait dépasser ces identités et vous fait maintenant vivre une identité et un rôle de mère. C’est à mon avis un bel exemple d’intégration sociosexuelle et un bon départ pour le rétablissement. Bravo!

      Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 14 août 2012 @ 10 h 24 min

      • Merci pour votre commentaire positif et votre encouragement…Je suis fière d,avoir atteint cet objectif de vie que tout femme aimerait réaliser d’enfanter et d’exprimer son instinct maternel.

        Mais j,ai une question pour vous, dans un autre ordre d’idée…Puisque vous êtes sexologue. J’aimerais savoir pourquoi il n’y a pas de sexologue dans le milieu hospitalier pour les patients? Moi, dans mon passé, j’ai voulu consulté une sexologue parce que j,avais des problématiques qui m’empêchaient de vivre en quiétude et cela me causaient des ennuis maladives…Or, je n’ai jamais pu avoir les services et j’ai beaucoup souffert d’être isolée face à cette problématique. J’ai dû à mes frais, faire une thérapie avec une psychothérapeute pour me défaire de ce problème.

        Commentaire par Danielle — 15 août 2012 @ 16 h 24 min

        • Bonjour Danielle,
          Honnêtement, Danielle je ne saurais quoi vous répondre. Possiblement une question de budget. C’est malheureux car vous n’êtes pas la seule à souhaiter les services d’un-e sexologue et de ne pas en trouver en milieu hospitalier. Et, en privé, cela peut être dispendieux. Toutefois, je reste positive et je pense que la tendance change. De plus en plus, en santé mentale, du moins en organisme communautaire, nous retrouvons des sexologues qui agissent à titre d’intervenant-e et qui sont aptes à répondre à vos questions.

          Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 9 h 18 min

    • Merci Danielle de nous partager ce témoignage. Étant étudiante en ergothérapie, j’ai pu réalisé au cours de mes stages et des cours universitaires, que la maternité (et la paternité… on ne doit pas l’oublier!!!) et la maladie mentale ne sont pas deux sujets qui vont de pair ensembles malheureusement. En effet, comme plusieurs l’ont dit, plusieurs tabous entourent ces deux sujets. Un des plus importants est certainement l’effet de la médication sur le foetus. Est-ce qu’on prend le temps d’informer (de manière neutre) les futurs parents des effets indésirables possibles de la médication prise? Est-ce qu’on permet aux parents de prendre une décision en fonction de ces informations? À mon avis, ici, les concepts du consentement LIBRE et ÉCLAIRÉ sont pertinents.

      J’ai eu la chance de réaliser un de mes stages avec Lucie Hébert qui est ergothérapeute au CHUM, qui a fait son doctorat sur la maternité et la santé mentale et qui mène actuellement un projet de recherche sur les mères atteintes de troubles de l’humeur. J’ai donc eu l’occasion d’intervenir auprès de mères présentant un trouble de l’humeur. Ce fut très intéressant. Mais, j’ai aussi pu constater les préjugés des intervenants concernant la capacité de ces femmes à s’occuper de leurs enfants.

      Du côté de la santé physique, il existe à Lucie-Bruneau, une clinique nommé Parents-Plus qui a pour objectif d’outiller les parents ayant un handicap physique par le biais notamment d’aides techniques. Pensez-vous qu’une telle clinique du côté de la santé mentale pourrait s’avérer pertinente? Celle-ci pourrait notamment offrir des groupes de soutien entre mères, un suivi de la médication pendant la grossesse et l’allaitement, etc. Qu’en pensez-vous?

      Mélissa

      Commentaire par Mélissa Lalande — 14 août 2012 @ 11 h 52 min

      • Bonjour Mélissa et Danielle,

        Par rapport à ce que tu dis Mélissa, je remarque que pour la santé mentale en général, il semble y avoir des services en santé physique, alors qu’en santé mentale on demande aux personnes atteintes de s’ajuster plutôt que de leur donner du soutient. Pourquoi le système est-il généralement près à payer pour de l’équipement, mais se fait plus timide pour investir sur l’aspect humaniste? Le soutient implique peut-être un soutient à plus long terme, d’avantage de suivi, mais le résultat final, c’est à dire des personnes épanouies et intégrées n’en vaut-il pas largement la peine?!

        Pour Danielle, je crois que ce que dis Mélissa par rapport à l’éducation de la part des professionnels qui devrait être neutre, ainsi que le consentement libre et éclairé a malheureusement manqué pour vous et aurais pu faire un différence. Notamment, il est tout à fait déplorable que vous ayez été menacé d’être dénoncé à la DPJ si vous donniez naissance à un enfant, alors que votre grand désir d’être mère montre clairement votre volonté d’être responsable. Je peux comprendre les inquiétudes du médecin, mais pourquoi vous empêcher de vous épanouir, vous et votre conjoint, alors que le soutient nécessaire serait suffisant pour soulager toute inquiétude? Félicitation d’avoir fait la preuve que chacun mérite sa chance et que cela peut fonctionner!

        Joanie

        Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 12 h 14 min

      • Bonjour Mélissa, je ne connaissais pas cette clinique et je compte m’informer pour en connaitre plus sur leur objectif de soins. Effectivement, je suis certaine que ce type de clinique est pertinent. Comme je dis, il existe peu de ressources pour les personnes ayant un diagnostic en santé mentale qui veulent se réaliser comme mère puisque il faut l’avouer nous vivons un handicap psychologique qui peut nous empêcher optimiser notre potentiel dans le rôle maternel. Actuellement, ma fille a deux ans, et je vis au quotidien des difficultés en lien avec mes symptômes de ma maladie. Donc, c’est impératif, dans mon cas, d’avoir un plan de soins déterminer par des intervenantes et les médecins de famille et spécialisé dont le psychiatre.

        Mais j’ai une question pour vous concernant les décisions face à un projet de grossesse en lien avec votre texte. Avant tout, il faut que je relate un fait. Lorsque j’étais enceinte aux soins intensifs, mon mari s’opposait à l’avortement. Est-ce que les conjoints ont des droits dans les décisions face à la poursuite de la grossesse? Ou c’est le médecin qui décide à la place de la patiente quand elle est en état psychotique? Est-ce qu’il y a un code éthique face à cette problématique?

        Commentaire par Danielle — 15 août 2012 @ 16 h 46 min

    • Merci Danielle pour ce témoignage tellement touchant et porteur d’espoir pour toutes les personnes atteintes de maladie mentale qui souhaitent être parents. Bravo! Et félicitations d’être allé au bout de ce projet de vie.
      Votre fille sera un jour très fière de vous!

      Commentaire par Catherine — 14 août 2012 @ 20 h 59 min

      • Merci Catherine pour ce commentaire qui est valorisant soi-t-il…Je me rappelle la première fois que je m’exprimais à la Maison Bleue aux intervenantes concernant mon projet d’enfanter et d’être mère de famille, l’infirmière Bernadette m’a félicité et m’a dit que je pourrais faire une doyenne pour les femmes en santé mentale face à la problématique de la maternité…J’ai aimé entendre cela, parce que je défendais mes droits en tant que patiente en santé mentale!

        Commentaire par Danielle — 15 août 2012 @ 17 h 09 min

    • Merci Danielle de ce touchant témoignage. Ici à la Société québécoise de la schizophrénie nous avons reçu Dr. Marie-Josée Poulin, psychiatre spécialiste en maternité et troubles psychotiques. Dr. Poulin nous a présenté une conférence remplie d’espoir sur les défis potentiels de la grossesse et du désir d’enfants des personnes atteintes. Je vous invite à consulter la conférence sur le site internet de la Société québécoise de la schizophrénie, dans la section zone vidéo (dois être membre).

      Commentaire par Christiane Yelle M.A, sexologue & conseillère psychosociale à la SQS — 16 août 2012 @ 10 h 09 min

      • Merci pour la référence, de telles initiatives méritent à être connues. Les personnes incapables d’enfanter pour des raisons physiques ont toujours la possibilité d’adopter. Toutefois, avec la santé mentale, les préjugés tendent tellement à faire croire que la maladie mentale ne permet pas du tout de s’occuper de quelqu’un que j’ai parfois l’impression que c’est comme si certains voudrait pouvoir empêcher une personne atteinte d’une maladie mentale de simplement prendre un enfant dans ses bars. Et on leur demande de s’intégrer?!?! Voilà pour moi un non sens.

        Je suis heureuse de voir des gens oser sortir des sentiers battus, de voir les gens atteint d’une maladie mentale comme une personne avant tout, et ainsi de rendre possible la maternité (et la paternité)!

        Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 10 h 44 min

      • Merci Christiane de votre invitation, cela m’intéresse beaucoup d’entendre Dr Poulin que j’avais déjà eu connaissance par une amie de Québec.

        Commentaire par Danielle — 17 août 2012 @ 0 h 20 min

    • Bonjour Danielle j’ai lu ton texte et j’ai appris. Je lis beaucoup de culpabilité or c’est un virus qui mine la confiance en soi. L’orgasme est le but du voyage mais c’est plus important la façcon de voyager i.e. les caresses, l’affection. J’accorde beaucoup d’importance a la confiance dans la sexualité comme de parler en faisant l’amour, s’abandonner. Le moment présent; ;ce qui n’as pu ëtre c’est ce qui ne pouvais ëtre. Je te dirai donc de vivre ton présent car tu as le choix. L’avenir est une page blanche et chacun est libre d’y inscrire ce qu’il veut.

      Michel

      Commentaire par Michel Blais — 16 août 2012 @ 11 h 19 min

  2. Bonjour à vous tous,

    Aujourd’hui, je vous ouvre grande la porte de ma chambre à coucher, mais je dois noter que je préfère garder l’anonymat à ce sujet. Peut-être que cela peut sembler paradoxal mais ce qui se passe sous ma couverture me gêne un peu, même si je devine que ma situation représente la réalité de plusieurs autres personnes souffrantes de maladies mentales : prise de poids, diminution de la libido et donc, il va s’en dire, une baisse d’estime de soi dans la matière.

    À la suite d’une hospitalisation reliée à une psychose que j’ai eu à traverser en 2010, je me retrouvais à prendre ce fameux Séroquel, un antipsychotique. Misère!!! La faim me ronge seulement que d’y penser. À cette époque, je préférais me gaver de chocolat ou de croustilles plutôt que d’avoir une relation sexuelle avec mon copain de l’époque. Adieu la taille de guêpe, bye bye le gym et au revoir le sexe. Niet! Plus rien!

    Je me regardais grossir et je voulais fondre de honte. Je ne me sentais qu’être une grosse, incapable de faire plaisir à son Homme. Moi qui l’avait séduite à partir de mes courbes d’enfers et qui l’avait conquis grâce à ma belle personnalité, je m’étais écroulée. La vie était injuste.

    Lorsque les médecins vous prescrivent un médicament qui vous nuit autant qu’il vous aide, le moral est bas. Ils vous expliquent que vous allez développer un grand appétit mais que vous pourrez y résister. Du blabla….

    Moi qui avais toujours été une personne fière, je me cachais maintenant derrière des vêtements amples et moches. J’avais envie de rien. Le calme plat. Résultat : dépression et séparation.

    Mais tout ne finit pas si mal! J’ai maintenant une nouvelle médication et, même si je ne maigris toujours pas, mon moral est bien meilleur. J’ai donc aujourd’hui plus d’énergie, et bon espoir d’éventuellement reprendre la gym! Alors mon estime se portera encore mieux et ma sexualité reprendra certainement vie.

    Merci de m’avoir lu

    Commentaire par Anonyme — 14 août 2012 @ 8 h 31 min

    • Bonjour,

      je comprend le côté paradoxale pour vous de prendre ces médicaments qui doivent vous aider à aller mieux, mais qui amène des problèmes dans votre vie qui vous font aller mal pour une toute autre raison. Je travaille comme étudiante dans un laboratoire de pharmacie pour préparer et distribuer les médicaments et j’entends quotidiennement toutes sortes de plaintes (pas par rapport à la sexualité car les gens ne l’aborderont assurément pas en public), mais c’est aussi vrai ne santé physique. Lorsque les gens ont été plus malchanceux que d’autres par l’ampleur des effets secondaires, certains me dire par exemple: je ne prendrai plus jamais de médicaments, je ne vois pas comment ça peut m’aider si les pilules me rendent malade autrement.

      Malgré ses effets néfastes, je ne conseillerais en aucun cas de cesser les médicaments, mais est-ce que cela vous a déjà traversé l’esprit? J’ai vu tellement de gens cesser leur médication pour moins que cela, je vous trouve bonne d’avoir poursuivi votre traitement malgré les obstacles et je me demande qu’elles étaient vos motivations?

      Aussi, avez-vous reçu du soutient, avec votre ancien conjoint, par rapport aux difficultés qui apparaissaient dans votre relation avant qu’elle ne se termine, ou si vous avez eu d’avantages de soutient seulement à la suite de la séparation?

      Merci,

      Joanie Lepage
      Étudiante en ergothérapie

      Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 8 h 57 min

    • Bonjour,

      Tout d’abord, merci de faire part d’autant de franchise. J’ai deux questions pour vous et sentez vous bien à l’aise d’y répondre:

      1) Votre médecin vous a-t-il expliqué les effets négatifs de la prise de cette médication par rapport à la baisse de la libido?
      2) Avez-vous tenté, par la suite, de discuter avec votre médecin pour trouver une solution (une autre médication…) pour essayer de pallier à ces inconvénients?

      Merci!

      Commentaire par Dominique Michaud — 14 août 2012 @ 10 h 29 min

      • Bonjour Dominique,

        Je m’infiltre dans votre discussion parce que je tenais à vous mentionner que j’ai été chanceux d’être traité par un spécialiste (un psychiatre dans mon cas), qui m’a clairement fait part des problèmes de libido que ma médicamentation pourrait entrainer.

        Je sais, par contre, et j’imagine que c’est aussi un peu comme ça pour plusieurs autres, que j’aurais eu beaucoup de difficultés à aborder le sujet avec UNE psychiatre plutôt qu’UN psychiatre. Je sais bien aussi, me connaissant quand même un peu🙂, que l’âge de cette spécialiste aurait aussi joué sur mon ouverture à ce sujet. Je ne sais pas trop pourquoi, mais plus elle aurait été jeune, plus ça aurait été difficile…

        Je me compte donc, d’une certaine façon, chanceux à ce sujet,

        Simon

        Commentaire par Simon Hébert — 14 août 2012 @ 15 h 13 min

        • Bonjour Simon,
          je trouve votre réflexion sur l’âge et le sexe du thérapeute pour aborder un sujet intime très pertinente. Comme future ergothérapeute, c’est une chose à laquelle je n’aurais jamais pensé mais que je dois pourtant considérer dans ma pratique. J’en conclu que même un professionnel bien informé sur la sexualité et bien outillé pour en parler peut avoir à référer son client à un autre professionnelle si une telle barrière est présente, malgré tout le savoir faire du professionnel! Si aborder le sujet cause d’avantage de malaise que de bénéfices, cela peut-il même empirer la situation selon vous?

          Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 15 h 30 min

          • Merci Mme. Lepage de commenter mon commentaire🙂 Bizarrement, je peux seulement vous répondre par d’autres questions.

            Je n’ai jamais eu (très heureusement pour moi) à même songer à demander un changement de psychiatre, mais je me suis déjà posé la question (et d’autres me l’on posé aussi) à savoir si il est possible de changer de psychiatre pour une raison de la sorte? Est-ce qu’un problème de communication avec son spécialiste est une raison valable? À qui l’on fait une demande de changement d’ailleurs si tel est le besoin? Au psychiatre lui-même?

            Je sais que vous n’êtes pas psychiatre, mais je m’essaie quand même… 🙂

            De plus, apparemment (selon mon psychiatre traitant du nom de Brian G. Bexton, Président de l’association des médecins psychiatres du Québec), il est déjà difficile d’en trouver un premier pour être suivi à long terme. Même si il n’y a pas mieux placé que lui pour répondre à ces questions, c’est toujours un peu ‘touchy’ de les poser à son psychiatre si l’on ne cherche pas à le remplacer… Je vous les pose donc à vous🙂

            Simon Hébert

            Commentaire par Simon Hébert — 15 août 2012 @ 1 h 27 min

          • Je peux peut-être apporter quelques éléments de réponse ici. Comme sexologue nous préconisons l’authenticité dans les interventions avec la clientèle. Il est certain qu’un malaise peut être perçu par la personne qui consulte. Je n’irais pas jusqu’à dire que cela aggraverait la situation mais ne l’aiderait sûrement pas et laisserait à la personne qui consulte un sentiment d’être incompris, de ne pas être pris au sérieux ce qui peut être blessant à mon avis. Chaque professionnel a des limites et s’il ne se sent pas à l’aise de discuter du sujet, je pense que le mieux est de référer.

            Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 15 août 2012 @ 11 h 17 min

          • Bonjour Mme Bourget, cette réponse m’éclaire beaucoup.
            À Simon: c’est vrai que les questions amènent souvent plus de questions, mais on fini toujours par trouver quelques éléments de réponse!

            Tout cela m’a fait réfléchir et m’a rappelé de nombreuses expériences de stage qui ont la même chose en commun: Je suis encore étudiante et à moins de travailler auprès des enfants, ma clientèle est le plus souvent plus âgée que moi lors des stages et c’est une chose avec laquelle certain client m’ont plutôt directement confronté (une dame âgée qui me dit mon dieu t’a même pas l,air d’avoir 18 ans alors que je suis chez elle depuis deux minutes, un jeune de 22 ans amnésique et un peu agressif qui me dévisage à chaque début de séance en me disant t’as quelle âge toi!). J’ai tout de même réussis à affronter cela et à me faire une crédibilité professionnel, jusqu’à avoir une réelle relation thérapeutique avec eux, malgré un premier contact plus difficile.

            Cela me fait penser que malgré un certain malaise, le professionnel de la santé est là pour soutenir et aider le patient, et comme dans tout rapport entre êtres humains, il faut donner le temps à la relation de se former (ce qui varie largement selon la  »chimie » qui opère entre chaque personne). Cela dit, s’il y a réellement incompatibilité, le thérapeute doit pouvoir reconnaître lui même ses limites et référer le patient (comme l’a bien dit Mme Bourget). Pour votre question concernant l’accès déjà difficile à un professionnel, je crois que si le professionnel est assez honnête avec lui même pour se rendre compte du problème, je crois qu’il est de sa responsabilité de référé le client à un collègue pour prendre la relève, et non le ré-inscrire à la fin d’une liste d’attente….

            Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 15 août 2012 @ 11 h 38 min

    • Bravo Anonyme! Merci pour ce partage qui résume effectivement la vie de 75% de notre clientèle! On comprend que vous êtes prisonnière des effets de votre médication. Heureusement, le vent tourne un jour et amène les changements qui annoncent une remonter : moral, estime, énergie! Courage! Une arc-en-ciel est proche!🙂

      Commentaire par Isabelle Boucher — 14 août 2012 @ 15 h 56 min

    • Cher anonyme,

      Je te connais et je te dirais que tu est encor très séduisante Alors a tour de bras je te dirais de te faire confiance. J’aine ma blonde pour son äme ;la véritable beauté est intérieur. C’est plus par ce que tu dégage que les gens t’apprécient  » Je te l’ai dit et je le redis tu est une petite fleur.

      Michel Blais

      Commentaire par Michel Blais — 16 août 2012 @ 11 h 32 min

  3. La sexualité dans le rétablissement des personnes utilisatrices de services en santé mentale, est-ce possible?

    Au cours de mon expérience en tant que sexologue et intervenante en santé mentale, j’ai lu et entendu divers commentaires (préjugés, fausses croyances) concernant la sexualité des personnes utilisatrices de services en santé mentale. Ces peurs et ces fausses croyances influencent la façon qu’ont les personnes utilisatrices, intervenants et personnes de l’entourage d’aborder la sexualité.
    · Les personnes utilisatrices de services sont souvent considérées comme asexuées, sans intérêt pour la sexualité, sans désir sexuel. Par conséquent, plusieurs d’entre elles en viennent à croire qu’elles sont effectivement asexuées et trouvent normal de ne pas avoir de désir sexuel car elles sont « malades ».
    · Aussi, un problème de santé mentale apportant son lot de difficultés de tout ordre, les personnes utilisatrices en viennent à considérer la sexualité comme un luxe par rapport aux autres difficultés quotidiennes et n’oseront pas en parler auprès du personnel soignant.
    · Les fausses croyances voulant que la sexualité d’une personne utilisatrice de service soit incontrôlée, impulsive voire violente font vivre à ces personnes de la honte, de la gêne et même la peur de ne pas se contrôler s’ils vivent une sexualité.
    · Enfin, d’emblée, on croit que la personne utilisatrice vit des difficultés avec sa sexualité OU, peu importe le comportement adopté, celui-ci sera considéré comme inadéquat.
    Avec toutes ces peurs et ces fausses croyances, bon nombre de personnes préfère taire le sujet plutôt que d’éduquer. Tout ceci me laisse croire que la sexualité dans le rétablissement des personnes utilisatrices de services en santé mentale c’est possible À CONDITION de se défaire de ces préjugés et fausses croyances qui empêchent l’évolution de notre intervention.
    Qu’en pensez-vous?

    Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 14 août 2012 @ 10 h 31 min

    • Bonjour,

      en effet les fausses croyances et les peurs peuvent avoir énormément d’impacts. Pour ma part, avant de faire quelques recherches, je ne soupçonnais simplement pas les difficultés d’ordres sexuelles causées par la maladie mentale et la médication. En plus de mon ignorance par rapport à ce problème, j’avais plutôt la fausse croyance selon laquelle les personnes atteintes de maladie mentale, lorsqu’elles ne sont pas  »contrôlées », ont des problèmes de comportements (consommation de drogues et autres) qui prédisposent en quelque sortes aux maladies transmises sexuellement. C’est là la seule difficulté sexuelle que je soupçonnais en tant que future professionnelle de la santé.

      Comment autant de fausses croyances peuvent émergées, alors que le sujet est si tabou!?

      Merci de partager votre expérience, cela m’aide beaucoup à avoir un jugement plus éclairé sur le sujet et à prendre conscience des mauvais messages qu’on peut faire passer aux clients comme professionnels, même sans le vouloir!

      Joanie Lepage
      Étudiante en ergothérapie

      Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 11 h 11 min

      • Je m’appelle Julie-Anne Therrien et je suis étudiante en ergothérapie.

        C’est tout à fait normal qu’en gardant un sujet tabou, les mythes et fausses croyances se multiplient. Selon moi, la clé réside dans l’éducation.

        Après deux années d’études en ergothérapie, je peux vous confirmer que le sujet de la sexualité a à peine été effleuré. Je suggère que la sexualité prenne une plus grande place dans les programmes de formation en sciences de la santé. Ça permettrait aux intervenants de démêler les mythes et les faits, et ainsi offrir un meilleur soutien à leur clientèle.

        Commentaire par Julie-Anne Therrien, étudiante en ergothérapie — 14 août 2012 @ 12 h 19 min

  4. La sexualité composante du rétablissement : est-ce qu’on s’en préoccupe suffisamment?

    J’ai lu que plus une personne vivait de la détresse psychologique, plus elle allait vivre de la détresse au niveau conjugale. Cela ne me surprend pas vraiment mais m’a quand même fait réfléchir. J’y vois une sorte de cercle vicieux : la détresse psychologique amène des problèmes de couple, ces problèmes de couple augmente la détresse psychologique et ainsi de suite…

    Comme étudiante, malgré que je n’ais aucune expérience concrète en santé mentale, j’ai vu que les relations conjugales, familiales, amicales, etc., sont abordées en thérapie, mais surtout par rapport à la communication, le respect…Ces points sont assurément importants à aborder, mais à mon avis, ce n’est pas suffisant. La sexualité soit être abordé, ne serait-ce que pour offrir du soutient au couple, même si on ne peut pas nécessairement changer quoi que ce soit concernant la libido et autre. Il peut être rassurant de savoir que c’est normal, que ce n’est ni la faute de la personne malade, ni la faute du conjoint.

    D’ailleurs, même pour un client qui n’est pas en couple, je crois qu’il faut aussi en parler, car cette personne est tout à fait en droit de vouloir quelqu’un dans sa vie, et l’absence de libido ou autre peut assurément causer des difficultés.

    Je crois que si, en tant que professionnel, nous nous montrons simplement ouvert et à l’aise d’aborder le sujet, il est possible de soulager le patient et son conjoint d’une partie du stress que cela apporte sur le couple.

    Qu’en pensez-vous?

    Joanie Lepage
    Étudiante en ergothérapie

    Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 10 h 37 min

    • Il va de soi qu’une détresse conjugale ou sexuelle entraîne une détresse psychologique et vice versa. Comme sexologue, il est évident que j’encourage les autres professionnels de la santé à considérer la sexualité et la santé sexuelle au même titre que la santé physique, le réseau social ou les relations familiales par exemple. D’ailleurs, lors des formations offertes (à des psychiatres notamment), nous suggérons fortement d’inclure dans l’entretien patient-psychiatre le thème de la sexualité et de la santé sexuelle. Il ne faut surtout pas prendre pour acquis qu’une personne qui ne parle pas ou ne questionne pas à propos de la sexualité n’a rien à dire ou n’a pas d’intérêt pour le sujet. Comme vous le dites bien, c’est à nous comme professionnel de se montrer ouvert à aborder le sujet.

      Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 14 août 2012 @ 14 h 24 min

  5. La sexualité dans le rétablissement des personnes utilisatrices de service (Puds) en santé mentale, est-ce possible?

    Nous croyons que cela est possible malgré la présence de bien des obstacles. Tout d’abord, prenez note que les propos qui suivront tiennent compte de l’unicité de chaque être humain et du fait que chaque personne possède ses propres besoins sexuels.

    Hospitalisée, la personne utilisatrice de services (Puds) n’a pas de lieu intime pour vivre une relation sexuelle avec un conjoint ou une conjointe qui vient lui rendre visite. Avec les coupures budgétaires que nous connaissons, pouvons-nous imaginer que le Puds puisse un jour, comme certains prisonniers, avoir à sa disposition un endroit supervisé pour vivre sa sexualité légitimement? La clandestinité et la masturbation solitaire, selon nous, demeureront encore longtemps à l’ordre du jour.

    Hors les murs, le Puds fait face à d’autres obstacles. Sa médication, par exemple, peut lui enlever sa libido et lui causer de sérieux problèmes érectiles. Qu’en sera-t-il de son partenaire? Si celle-ci ou celui-ci n’accepte pas d’autres relations sexuelles que complètes, ce couple fera face à un réel problème. Serait-t-il alors possible de voir autrement? L’amour et l’ouverture d’esprit pourraient-ils proposer une solution à cette problématique?

    Pour une sexualité déficiente, en raison de la médication, un échange constructif avec le médecin psychiatre est de mise, afin de maximiser la satisfaction sexuelle du Puds. Dans le cas ou il n’est pas cliniquement possible de remplacer la médication causant des problèmes érectiles et de libido, favoriserions-nous un Puds diminué sexuellement ayant un comportement approprié, qu’un Puds ayant une vie sexuelle active mais vivant une vie sociale et personnelle irresponsables?

    Dans notre monde hypersexué, la limitation est souvent difficile à vivre: le regard de l’autre et l’image de soi sont trop souvent déformés. L’éducation sexuelle et un meilleur estime de soi, pour le Puds, nous semblent primordiaux afin que ce dernier puisse vivre le plus pleinement possible sa sexualité et mieux satisfaire son partenaire. Dans un couple, l’amour, à lui seul, peut-il évacuer tous les obstacles? Malheureusement, un manque de dialogue constructif complique fréquemment les choses. Nous croyons qu’une sexualité satisfaisante est possible chez le Puds à la condition que les limitations soient assumées par les personnes concernées et que celles-ci s’engagent, par le biais de l’éducation sexuelle, dans des sentiers jusque là méconnus mais humanisants.

    Alain Métivier
    Pair aidant
    alainmetivier@hotmail.ca

    Commentaire par Alain Métivier — 14 août 2012 @ 10 h 39 min

    • Bonjour M. Métivier,

      je trouve intéressant que vous abordiez l’aspect  »hypersexué » de notre société. Ne trouvez-vous pas qu’il est paradoxale d’accorder autant d’importance à la sexualité, tout en ayant autant de difficulté à en parler ouvertement? Lorsque vous parlez de l’amour comme une solution, je vois effectivement là une occasion pour le couple de se redécouvrir autrement que par la sexualité. Cela n’est évidemment pas facile pour autant et tout le soutient possible est le bienvenue à mon avis!

      Votre texte m’amène aussi à la conclusion que nous devrions d’avantage valoriser les personnes qui ont le courage de se prendre en main, de prendre leur médication et d’affronter les obstacles qui se mettent sur le chemin, jusqu’à perdre l’être cher comme une personne en a témoigné dans un autre texte.

      Merci de me faire ainsi réfléchir, et félicitation pour votre ouverture et votre compréhension en tant que pair aidant!

      Joanie Lepage
      Étudiante en ergothérapie

      Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 10 h 58 min

    • Bonjour monsieur Métivier,
      Vous avez tout à fait raison de dire que l’éducation sexuelle et une meilleure estime de soi sont primordiaux pour vivre pleinement sa sexualité. Je dirais même que grâce à l’éducation sexuelle, plusieurs personnes découvrent qu’il n’y a pas qu’une façon de vivre sa sexualité mais qu’il y a autant de façons de vivre sa sexualité qu’il y a d’individus dans le monde. L’important c’est que chaque personne découvre sa façon de trouver son plaisir, sa satisfaction personnelle et relationnelle et se fasse sa propre idée de la définition qu’elle souhaite donner à sa sexualité et sa santé sexuelle.

      Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 14 août 2012 @ 14 h 33 min

      • Chère Mme Bourget! Je voudrais ajouter à vos dires que pour atteindre une sexualité personnalisée, nous
        devons aller à contre courant car notre monde d’aujourd’hui est plein de préjugés sexuels: trop d’éclats
        ça peut éblouir! Nos intellectuels sexologues devraient faire ressortir l’aspect holistique de la
        sexualité sur la place public. Il faudra, selon moi, beaucoup de temps et de courage pour affronter cette
        tempête médiatique.

        Commentaire par Alain Métivier — 14 août 2012 @ 14 h 51 min

        • Tout à fait d’accord avec vous. J’ai bien l’impression, moi aussi, d’aller à contre courant dans ce que vous appelez cette tempête médiatique🙂

          Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 14 août 2012 @ 14 h 59 min

  6. Bonjour Mme Lepage! Je suis heureux de votre intérêt pour ma brève réflexion. La sexualité fait partie de
    la vie de chaque être humain et elle dépasse de loin, tout en y tenant compte, de son aspect génital. En
    plus, je suis persuadé que le véritable Amour va bien au-delà de toute pulsation ou penchant naturel:
    un engagement humanisant permet d’approfondir sa relation avec l’être aimé et aide à découvrir les richesses
    inhérentes de ces deux êtres.

    Commentaire par Alain Métivier — 14 août 2012 @ 11 h 44 min

  7. Je sais qu’à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (anciennement Robert-Giffard), ils ont une Politique d’expression saine de la sexualité depuis 2005 http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/sante/200811/29/01-805687-une-sexualite-saine-a-robert-giffard.php

    Commentaire par JF — 14 août 2012 @ 12 h 01 min

    • Merci de ce partage,

      c’est en effet une excellente initiative de la part de cet établissement de rendre possible les rapports sexuels sains à l’intérieur de l’établissement. L’article rapporte que cela a choqué bien des gens, mais il faut savoir que l’établissement à pris bien soin de développer le projet pendant trois ans afin de bien encadrer de tels actes pour s’assurer du consentement et de la protection des personnes concernées.

      Le parallèle est peut-être un peu extrême, mais il est bien connu que les prisonniers dans les prisons ont ces droits depuis longtemps. Pourquoi est-ce que des personnes  »punies » auraient droit à un tel  »privilège », alors que des personnes qui se font soigner et qui sont parfaitement lucides se verrais refuser un peu d’intimité, alors que cette intimité fait peut-être partie de la solution pour qu’ils aillent mieux?

      Joanie

      Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 12 h 27 min

      • Pour avoir fait un travai sur l’intimité en ressource d’hébergement lors de mes études, les principales raisons évoquées pour refuser l’accès à l’intimité aux résidents étaient des préjugés et des fausses croyances. Par exemple, et je cite « Tu peux pas avoir de relations sexuelles sinon ce serait comme un bordel, un hôtel. » ou encore « On est 5 hommes, mets une femme là-dedans pis tous les hommes vont vouloir faire l’amour avec. » On croit en une sexualité débridée, incontrôlée, excessive, irresponsable. Pourtant, si on considère la sexualité dans une approche positive, il ne sera pas question de permissivité sexuelle ou d’encourager quiconque à vivre des comportements sexuels mais plutôt à s’assurer que la sexualité qui est vécu le sera d’une manière plaisante, sécuritaire, apaisante. Ainsi, cela repose sur les intervenants à s’assurer que la personne vit positivement sa sexualité, que celle-ci n’est pas troublante ou déplaisante. Ce n’est donc pas seulement l’intimité qui fait partie de la solution mais le bon vouloir de chaque personne impliquée dans la situation, c’est-à-dire les résidents (ou patients), leurs partenaires et le personnel soignant (ou intervenants). Car même les résidents et leurs partenaires doivent réfléchir aux enjeux d’un vécu intime en établissement.

        Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 14 août 2012 @ 14 h 56 min

  8. Bonjour à vous,

    Nous les gens atteints de problèmes de santé mentale avons souvent une difficulté de communication et ce n’est peut-être, dans le fond, que cela la maladie mentale.

    La sexualité est une forme de communication. Nous sommes donc en présence d’un paradoxe. Avec l’équilibre mental vient la santé sexuelle qui peut-être comprise comme avec le moins de dépendance sexuelle. Bref, il n’est pas idéal de chercher son bonheur uniquement par sa sexualité et ce n’est certainement pas qu’à travers sa sexualité que l’on doit se permettre de ‘ressentir’, de vivre des sentiments à l’égard de l’autre.

    La sexualité c’est la rencontre de deux être dans le respect et la dignité. Entre adultes consentants, tous les jeux et comportements sexuels sont permis. Libre à l’expression de nos fantaisies.

    Il est certain que la médication peut affecter notre libido; il faut alors consulter un sexologue ou autres professionnels.

    Mais la sexualité n’est pas que génitalité. Il faut aussi la voir, la vivre, comme une activité positive pour reconstruire son SOI. Par notre maladie mentale le SOI est démoli, et c’est l’amour qui guérit. La sexualité est plus que l’exploration de son corps et du corps de l’autre. La sexualité est aussi CONFIANCE.

    La sexualité c’est aussi l’intimité, non pas seulement physique, mais aussi psychologique.
    Et comme vous l’avez sans doute remarqué, les meilleurs orgasmes on les atteints quand l’on est en amour avec l’autre.

    Merci de m’avoir lu,

    Michel Blais

    Commentaire par Michel — 14 août 2012 @ 13 h 43 min

    • Ce sont là les paroles d’un sage! J’aime beaucoup l’idée que la sexualité est une activité positive qui permet de reconstruire son SOI car il est vrai qu’un problème de santé mentale vient perturber le SOI, l’identité, les rôles sociaux et les repères. La sexualité vécu positivement fait vivre à chaque personne sa masculinité ou sa féminité, la confirme dans son identité, la replace dans ses rôles et ses repères sociosexuels et ainsi participe à la reconstruction du SOI.

      Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 14 août 2012 @ 14 h 40 min

    • WOW! Que c’est bien dit! Visons l’équilibre… C’est que la route pour l’atteindre n’est pas toujours au niveau, n’est-ce pas?

      Commentaire par Isabelle Boucher — 14 août 2012 @ 15 h 45 min

    • Mon cher Michel, mon cher philosophe!

      Ta sagesse philosophique nous permet comme lecteur de mieux comprendre ce que vis une personne souffrante d’une maladie mentale et puisque je souffre moi aussi de la shizophrénie je dirais que c’est vrai que nous souffrons beaucoup au niveau de la communication. Et la vérité est que la sexualité est une forme de communication.

      Comme tu le dis si bien, la sexualité est une rencontre entre deux êtres dans le respect et la dignité. Les paroles de Allah dans le Coran explique la relation entre l’homme et la femme comme étant un vêtement l’un pour l’autre. Le Coran, évoquant les liens intimes entre les époux: « elles sont un vêtement pour vous et vous un vêtement pour elles ».

      Longtemps j’ai été sans médication et j’étais dans une profonde psychose ainsi je n’avais aucune libido. Je me demande comment mon mari pouvait avoir de l’attirance envers moi. Or, j’ai eu de l’intimité avec lui à quelques reprises pendant cette période, et je me rappelle que j’étais inerte sentimentalement voire même pareille à une morte vivante. Bref, j’étais souvent dans des pensées lointaines. Et je n’avais aucun sentiment envers mon mari. Parfois, je l’acceptais dans mon lit, mais je n’étais pas consciente que c’était mon mari, il était un inconnu pour moi.

      Toujours est-il que je n’avais pas la conscience sexuelle afin d’avoir des orgasmes. Mais depuis que je suis saine d’esprit et que ma médication m’a équilibré, je peux maintenant avoir la capacité d’atteindre des orgasmes, parce que la sexualité est je crois un mécanisme bio-psycho et spirituel.

      Aujourd’hui, je me pose la question, comment mon mari pouvait m’aimer en tant que malade dans une psychose aussi profonde…Je me rappelle de sa tendresse en me faisant des massage sur le ventre avec de l’huile d’olive où il avait soufflé les paroles d’Allah lorsque j’étais dans un sommeil profond dans le lit. Je me rappelle également, que je regardais toujours mon ombre sur le mur lorsque mon mari me peignait les cheveux dans la chambre après m’avoir lavé sous la douche, puisque je ne pouvais plus prendre soin de ma personne. Jétais dans une psychose catatonique, où je n’avais plus de fonction et je ne pouvais plus subvenir à tout mes besoins vitaux, dont manger et me laver. Et le fait de penser à ma sexualité était mes derniers soucis.

      Dans l’islam, l’importance de la sexualité est sa puissance purificatrice. Dans le Coran, l’homme est un être de désir. Par curiosité, j’aimerais bien demander à mon mari qui est lui-même musulman et mon bien-aimé: comment il a pu m’aimer et et avoir de l’intimité avec moi étant moi-même en psychose? Car, en plus d’être désorientée dans l’espace-temps, je vivais dans le mutisme, je parlais très peu dans cette période plus précisément..Donc, notre communication était déficiente.

      Commentaire par Danielle — 16 août 2012 @ 9 h 27 min

      • Bonjour Danielle, vos témoignages depuis le début de ce débat font preuve d’une ouverture exceptionnelle. Cela me laisse croire que vous vous acceptez pleinement et je vous en félicite encore une fois.

        Je ne peux assurément pas vous dire ce qui a motivé votre mari, ni ce qu’il espérait, mais il est certain qu’il vous a montré son amour du mieux qu’il le pouvait. Vous dites que vous étiez plutôt dans le mutisme, et je crois fermement que la sexualité est une forme de communication. Malgré que vous étiez diminuée dans vos capacités et distantes dans ces rapports que vous avez eu avec votre mari, vous semblez en garder des souvenirs et je me dis que le message que votre mari voulait vous transmettre est en quelques sortes passé (malgré l’absence d’orgasme). Ce n’est qu’un avis, c’est très difficile de comprendre toute la profondeur de telles situations.

        Quoi qu’il en soit, je suis heureuse de voir qu’il y a des gens pour offrir autant de soutient à leur proche, pour rester aussi présent dans des moments aussi difficiles. Vous avez amplement mérité cette aide, et je crois pouvoir dire que cela vous à assurément aidé dans votre rétablissement!

        Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 9 h 52 min

  9. « Je veux une vie normale! » Combien de fois j’entends mes clients me répéter ce souhait. 18 ans à écouter, accompagner, revendiquer les droits des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Quand on aborde LE sujet : il n’y a que des silences, des soupirs, des non-dits. La sexualité? Impossible, diront certain. Elle est trop souffrante pour combler quelqu’un, sa médication est trop forte pour avoir des désirs, etc. Tout le monde a son idée et pose SES limites et ses jugements sur la vie de la personne aidée.

    En théorie, on a tous le droit au bonheur. Dans les faits, c’est beaucoup plus compliqué que ça! La vérité c’est que tout le monde a besoin d’être aimé, malade ou pas! Heureusement, qu’il existe la zoothérapie pour certain!🙂

    Commentaire par Isabelle Boucher — 14 août 2012 @ 13 h 53 min

  10. Bonjour M. Blais!
    Je partage une bonne partie des idées imprimées dans votre présentation. Il faut être entièrement là pour
    vivre harmonieusement et sans artifices. Vous parlez de l’importance d’un équilibre mental pour atteindre
    une vie équilibrée, cela me semble tout à fait juste. J’oserais poursuivre en stipulant que l’estime de
    soi et le respect de soi(qui sous-entend le respect de l’autre) sont primordiaux pour vivre une relation
    harmonieuse et pleinement humanisante.

    J’aime votre philosophie sur la vie humaine et la sexualité, tout en soulignant que l’idéal est un
    objectif à atteindre et que nous devons nous y engager hic et nunc avec la personne que nous sommes et en relation avec une personne bien déterminée.

    Commentaire par Alain Métivier — 14 août 2012 @ 14 h 07 min

  11. La sexualité a sa place dans le rétablissement. Lorsque le lien de confiance est bien établie avec les utilisateurs de services avec lesquels je travaille, je les ai souvent entendu dire qu’ils avaient apprécié que je les questionne à ce sujet, parce que plusieurs d’entre eux n’auraient pas osé m’en parler. La qualité de leur sexualité ou de leurs habiletés à négocier avec le sexe opposé a des répercussions sur d’autres aspects, comme l’estime de soi, la confiance en soi… Il m’arrive de les référer à d’autres intervenants au besoin ou de travailler ces objectifs.
    Lors d’un groupe que j’anime avec d’autres ergothérapeutes, soit IPT, un groupe pour jeunes schizophrènes,nous abordons le thème de la sexualité au module #6, résolution de problèmes au quotidien,suite à la demande des utilisateurs de services de la dernière cohorte.Il est observé que les utilisateurs profitent positivement des échanges qu’ils ont entre eux et des différentes stratégies à utiliser pour prendre soin d’eux-mêmes,de l’autre et de la relation. Nous prévoyons inviter une sexologue lors du prochain groupe, afin qu’elle aborde le sujet avec eux et qu’elle réponde à leurs préoccupations.

    Commentaire par Lucie Legris, erg. — 14 août 2012 @ 14 h 07 min

    • Bonjour,
      comme future ergothérapeute, je suis très heureuse d’apprendre que ce type d’intervention est bien reçu par les patients et ce même en groupe. Je conçois qu’il; est difficile de s’ouvrir, et de s’ouvrir en groupe sur quelque chose d’aussi intime montre à quel point le soutient social peut faire une différence et à quel point le simple fait d’en parler peut faire du bien pour tous.

      Vous dites que vous travaillez avec des jeunes, et j’aimerais savoir si le fait que ces derniers soient en pleine découverte de leur identité et de leur sexualité semble faire particulièrement obstacle en lien avec la maladie mentale probablement récente qui en soie vient perturber l’identité?

      Joanie

      Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 15 h 02 min

      • Bonjour Joanie,
        Nous disons que nous nous adressons à de jeunes schizophrènes, ils ont en fait de 22 ans à 40 ans. Le groupe est formé sur un ensemble de critères.Le tout, vient effectivement, je crois, perturber l’identité de la personne.

        Commentaire par Lucie Legris, erg. — 15 août 2012 @ 11 h 08 min

      • Si je peux me permettre, certains textes consultés viennent confirmer que l’apparition d’un problème de santé mentale à un âge où les jeunes construisent leur identité (dans la vingtaine notamment), perturbent cette construction identitaire.

        Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 15 août 2012 @ 11 h 12 min

  12. Mme Boucher, vous dites qu’heureusement il existe la zoothérapie! Votre cri du coeur m’a fait sursauter,
    car sans dévaloriser la présence inconditionnelle de certains animaux il est choquant de perdre confiance
    en l’être humain. Votre appel est un invitation à toutes les personnes qui côtoient des êtres
    humains vivant des troubles en santé mentale à se défaire de la peur, de lutter contre la stigmatisation
    afin de se retrouver non pas face à un dianostique mais devant une personne humaine toute entière.

    Commentaire par Alain Métivier — 14 août 2012 @ 14 h 29 min

    • M. Métivier, Alain si vous le permettez, votre réponse m’a fait sourire! L’idéal que vous mentionnez m’amène à pousser ma réflexion… Je généralise bien sûr, mais pour plusieurs, la peur, le sentiment de devenir vulnérable lorsque les émotions s’embrouillent, les abus, etc. résultent en une perte de confiance envers l’être humain. Bien sûr, les animaux ne comblent pas tout mais deviennent parfois le centre d’intérêt de la personne malade. L’impression d’être responsable de quelqu’un, d’être aimé inconditionnellement met l’animal aux premières loges. Pas exigent cette race et encore moins impliquant!

      Bien sûr, il y a de belles histoires d’amour, de respect… Je vous en raconterai une dans mon prochain billet!😉

      Commentaire par Isabelle Boucher — 14 août 2012 @ 15 h 39 min

      • Je me permettrais aussi d’ajouter que les bienfaits de la zoothérapie n’exclut pas les rapports humains, ni même la confiance envers l’être humain. Seulement, lorsqu’il est très difficile pour quelqu’un de s’exprimer ouvertement, se confier à son animal et lui rendre son affection peut sans doute aider à apprivoiser nos propres sentiments. À mon avis, ce n’est pas pour remplacer la présence humaine, c’est une étape dans le rétablissement pour améliorer sa confiance en soi.

        À la limite, en lien avec la maternité, peut-on croire qu’une personne capable de bien prendre soin d’un chien par exemple, démontre en quelques sortes la capacité à s’occuper d’un enfant? Pour une personne qui voudrait vraiment vivre la maternité (ou la paternité), mais qui se freinerait parce que les gens lui disent qu’elle ne peux pas à cause de sa maladie, serait-ce une bonne manière d’encourager la personne dans son projet, de la valoriser, et de lui montrer que si c’est ce qu’elle veut, elle le peut?

        Joanie, une étudiante en ergothérapie très optimiste!

        Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 15 h 57 min

        • Gardes ton optimisme et bien sûr tes idées originales pour amener les gens à se dépasser!

          Commentaire par Isabelle Boucher — 14 août 2012 @ 16 h 14 min

      • Mme Boucher, je suis persuadé que vous avez de belles expériences à nous partager quant à votre relation
        avec le règne animal. Si mon idéal est de voir un monde meilleur, je vous serai gré de nous partager ce
        qui vous rend meilleure. Mes sincères salutations.

        Commentaire par Alain Métivier — 14 août 2012 @ 15 h 58 min

        • Personnellement je n’ai aucune relation avec le règne animal! Je préfère de loin les humains!🙂 Je tente de comprendre pourquoi certaines personnes s’y attachent plus qu’à des humains!

          Quant à ce qui me rend meilleure, M. Métivier, c’est définitivement : l’amour. Celui que je partage avec mon mari, mes enfants, mes amis et toutes les personnes que je côtois au quotidien et qui, généreusement me partagent leur vécu! Je suis donc impatiente de vous relire!

          Commentaire par Isabelle Boucher — 14 août 2012 @ 16 h 13 min

          • Bonjour Mme. Boucher,

            J’ai une tante qui habite le Colorado et qui est bénévole accréditée pour faire la tournée d’hopitaux de la région avec son chien pour garder compagnie (quelques instants) à une personne malade. Ce ne sont pas des gens souffrants de maladie mentale, mais des gens ‘malades’ tout de même.

            Elle m’a souvent raconté à quel point la majorité des patients sont tellement heureux de voir un chien entrer dans leur chambre pour leur garder compagnie pendant une quinzaine de minutes.

            Il ne faut jamais oublié qu’une tonne de gens malades n’ont pratiquement pas de visites, voir souvent aucune. Bref, pour eux, toute visite est bienvenue🙂 De plus, celui-ci ne juge pas, ne parlotte pas inutilement, etc. Il fait juste être présent et c’est généralement assez pour leur mettre un sourire au visage. Et c’est le but.

            Simon

            Commentaire par Simon Hébert — 16 août 2012 @ 12 h 31 min

          • Comme le mentionne bien Simon, le fait qu’un chien (par exemple) ne vous jugera jamais fait un grand bien. Personnellement, j’ai toujours été élevée avec des chiens et maintenant que je suis en appartement, j’en ai adopté un qui me fait le plus grand bien. J’ai un copain avec qui j’habite mais malgré tout, la naiveté et la constante bonne humeur de mon chien me fait clairement du bien lorsqu’il vient me voir dans mon lit alors que je pleur, ou qu’il me lance son jouet sur les pieds lorsque je m’ennuie de ma famille et plus encore. Ça ne remplace assurément pas une personne, comme personne ne remplacera mon chien pour me forcer à aller prendre des marches tous les jours et pour tous les petits sourires ou les fou rire qu’il provoque par toutes sortes de petits gestes.

            Pour quelqu’un très isolé, un animal peu très bien être un compagnon indispensable pour garder le moral et l’espoir!

            Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 12 h 44 min

    • Bonjour M. Métivier,

      J’ai une tante qui habite le Colorado et qui est bénévole accréditée pour faire la tournée d’hopitaux de la région avec son chien pour garder compagnie (quelques instants) à une personne malade. Ce ne sont pas des gens souffrants de maladie mentale, mais des gens ‘malades’ tout de même.

      Elle m’a souvent raconté à quel point la majorité des patients sont tellement heureux de voir un chien entrer dans leur chambre pour leur garder compagnie pendant une quinzaine de minutes.

      Il ne faut jamais oublié qu’une tonne de gens malades n’ont pratiquement pas de visites, voir souvent aucune. Bref, pour eux, toute visite est bienvenue De plus, celui-ci ne juge pas, ne parlotte pas inutilement, etc. Il fait juste être présent et c’est généralement assez pour leur mettre un sourire au visage. Et c’est le but.

      Simon Hébert

      Commentaire par Simon Hébert — 16 août 2012 @ 12 h 35 min

      • Au cours de ma jeunesse, j’ai grandi avec des animaux de compagnie. Ce fut une
        expérience positive. Je crois vraiment à la zoothérapie. Mes dires étaient une
        invitation à témoigner de l’aspect humanisant et réconfortant qu’il peut y avoir
        entre un être humain et un animal. Rien de plus!

        Commentaire par Alain Métivier — 16 août 2012 @ 13 h 20 min

        • Merci M. Métivier de me répondre si rapidement!

          Je suis entièrement d’accord avec vous, j’avais peut-être mal compris🙂

          Simon

          Commentaire par Simon Hébert — 16 août 2012 @ 13 h 51 min

  13. Voici ma réflexion sur la question « La sexualité composante du rétablissement : est-ce qu’on s’en préoccupe suffisamment? », réflexion qui résume mes propos (et parfois les vôtres) tenus dans le blogue depuis le début.

    Oui, la sexualité est une composante du rétablissement. Des auteurs affirment que des connaissances sexologiques adéquates, des habiletés socio-sexuelles suffisantes, des rôles socio-sexuels valorisants et une sexualité satisfaisante contribue de façon positive au mieux-être global, à l’intégration sociale et au rétablissement des personnes utilisatrices de service en santé mentale.
    J’ai remarqué, au cours de mon expérience de travail en santé mentale, que la sexualité préoccupe lorsqu’il devient impératif de contrôler un comportement sexuel inadéquat ou de régler un problème sexologique. Ainsi, l’intervention est moins confrontante, on agit selon un protocole, on interdit, on règlemente. En d’autres temps, si une personne utilisatrice de service ne questionne pas sur la sexualité, on prend pour acquis que tout va pour le mieux. Suis-je la seule à faire ce constat?

    Ainsi, la question pourrait comporter un angle nouveau soit : La sexualité composante du rétablissement : QUAND et COMMENT s’en préoccuper?
    Quand s’en préoccuper?
    La sexualité est partie intégrante de l’individu. Elle est donc constamment présente et cela vaut la peine de garder en tête que la personne utilisatrice de service a peut-être des questions à poser ou des confidences à faire sur le sujet. Il m’apparaît donc pertinent, en tant qu’intervenant-e (ou personnel soignant), de lui laisser entendre que nous sommes ouverts à l’écouter si c’était le cas.
    Comment s’en préoccuper?
    En reconnaissant la personne comme un être sexué et sexuel, ayant un vécu affectif et émotif, possédant des valeurs et des droits sexuels et ayant son propre point de vue sur sa sexualité et la façon dont il souhaite la vivre. Cette perception globale de la personne évite de la réduire à une problématique sexuelle et considère son vécu, son identité, son besoin (ou sa demande) réel.

    Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 14 août 2012 @ 15 h 02 min

    • Bonjour Mme Bourget,
      vous parler de vivre sa sexualité de la façon dont on souhaite la vivre. Dans votre pratique, vous est-il arrivé que le couple prenne la décision de faire une croix sur .les relations sexuelles, et que cela semble effectivement être une décision satisfaisante, libre et éclairée?

      À l’opposé, lorsque les problèmes de libido surviennent, qu’il n’est pas souhaitable de changer quoi que ce soit à la médication, et que les relations sexuelles semblent être très importantes pour un couple, à quel point est-il possible de  »permettre » de tels rapports?

      Merci de partager votre expérience!
      Joanie
      Étudiante en ergothérapie

      Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 15 h 44 min

      • Bonjour Joanie,
        J’ai effectivement déjà entendu des couples me dire qu’ils avaient une sexualité, non pas absente, mais différente. En fait, il n’y avait plus de relations sexuelles mais beaucoup d’affection et de complicité dans leur relation. Lorsqu’il est question de sexualité, nous avons tendance à évacuer les aspects affectifs alors qu’ils sont des composants importants de la sexualité. Je n’ai pas pu discuter avec ces couples suffisamment pour savoir si leur décision était totalement libre et éclairée mais ces couples disaient qu’ils étaient satisfaits. Cela prend bien sûr une bonne dose d’adaptation.

        Pour les couples ou les personnes qui vivent des problèmes de libido, d’érection ou d’atteinte d’orgasme et que la médication ne peut être modifiée, il est nécessaire d’entamer une réflexion avec eux sur certains concepts (Qu’est-ce que la sexualité?, Qu’est-ce qu’une relation sexuelle complète? Une sexualité active? Qu’est-ce que c’est être satisfait sexuellement? ou Performant sexuellement?). Ces personnes ou ces couples devront, en quelque sorte, changer leurs repères. C’est le travail que je fais en individuel ou en groupe.

        Voilà. J’espère que ça apporte quelques précisions.

        Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 15 août 2012 @ 11 h 28 min

        • Wow merci, cela m’éclaire énormément!
          Je retiens ici que dans votre travail, vous semblez beaucoup questionner les gens sur le perception de chaque petit détail concernant la sexualité. En vous lisant, j’ai l’impression qu’il existe un nombre infinie de manière de découvrir sa sexualité, de découvrir celle de son partenaire et de voir ce qui peut satisfaire l’individu ET le couple. Bien sure je suis consciente que dans ce cas, il n’est pas question de guérison, mais d’adaptation et d’acceptation de soi et de l’autre, d’une nouvelle complicité, et ce pour être bien et satisfait!

          Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 15 août 2012 @ 11 h 51 min

    • Merci Annick d’apporter les concepts de la sexologie à ce débat. Dans un de mes stages en santé mentale, j’ai eu la chance de côtoyer une sexologue qui offrait des services à mes patients. Ça m’a permis de bien comprendre le rôle de cette profession en psychiatrie. Mais, est-ce que je me trompe ou les sexologues sont très rares dans les équipes de santé mentale? De plus, j’ai l’impression que votre rôle est trop souvent méconnu ou caractérisé par des tabous. En effet, pendant mes études, je n’avais malheureusement jamais entendu parler de votre rôle et donc d’une possible collaboration avec vous. Pourtant, je trouve que vos connaissances en matière de sexualité peut être très bénéfiques pour la clientèle en santé mentale. On gagnerait à promouvoir votre profession!!!

      Commentaire par Mélissa Lalande — 15 août 2012 @ 9 h 08 min

      • Bonjour Mélissa,
        Effectivement, les sexologues sont rares dans les équipes de santé mentale. Et, il est vrai que cette profession est mal connue et entourée de préjugés (pour certains nous sommes encore des orgasmologues :-)). Je pense que ce qui caractérise notre profession c’est notre formation multidisciplinaire ainsi que notre vision de la sexualité (en plusieurs dimensions). Pour avoir plus d’informations sur la profession de sexologue vous pouvez consulter le site du Regroupement professionnel des sexologues du Québec (www.rpsq.org).

        Pour ma part, j’ai développé une expertise en santé mentale. Et, je pense que les tabous entourant la santé mentale autant que ceux entourant la sexologie font obstacles aux initiatives d’éducation sexuelle dans les milieux en santé mentale.

        Je travaille à briser ces obstacles et tant mieux si des professionnels comme vous reconnaissez la pertinence de notre travail. À chacun son expertise!

        Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 15 août 2012 @ 11 h 36 min

        • Je crois fermement que l’éducation sexuelle en santé mentale est un atout. En fait, l’éducation sexuelle
          est, selon moi, un avantage pour tout être humain. Quand une personne vit difficillement ses émotions, sa
          vie sexuelle peut être un réconfort et simultanément comporter des risques. Je suis
          persuadé que le fait de pouvoir parler librement et sérieusement de sa vie sexuelle ouvre sur des avenues
          non-explorées et humanisantes.

          Commentaire par Alain Métivier — 15 août 2012 @ 16 h 21 min

          • J’aurai peut-être l’air de prêcher pour ma paroisse🙂 mais les sexologues sont reconnus pour leur approche humaine et globale de la sexualité.

            Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 9 h 21 min

        • Je suis pair aidant et nous croyons qu’il est primordial que la personne utilisatrice de services(PUDS)
          soit perçue, avant tout, comme une personne à part entière. Si le professionnel(le) se retrouve plutôt en
          présence d’un diagnostique comment pouvons-nous croire à l’importance de l’éducation sexuelle?

          Commentaire par Alain Métivier — 15 août 2012 @ 16 h 31 min

          • Bonjour Alain,
            Je ne suis pas certaine de comprendre votre question. Pour ma part, ayant travaillé en santé mentale, je considère la personne et non son diagnostic. Aussi, la formation en sexologie nous amène à considérer la personne, ses intérêts et ses besoins indifféremment de son diagnostic. La sexualité est inhérente à chaque personne et c’est cette dimension qui nous importe. Ainsi, je me suis retrouvée devant des groupes ayant différentes problématiques mais le diagnostic ne venait jamais empêcher l’aspect éducatif car ces personnes avaient un point en commun soit le sujet qui était abordé.
            Est-ce que cela répond à votre question?

            Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 9 h 29 min

        • Bonjour Mme Bourget,
          Je suis finissante à la maitrise en ergothérapie et je travaille présentement sur des unités d’hospitalisations en psychiatrie dans un centre hospitalier.
          Comme vous le dites si bien, les sexologues sont rares dans les équipes de santé mentale… voir inexistante où je travaille. La sexualité composante du rétablissement : est-ce qu’on s’en préoccupe suffisamment? Assurément non ! Les préjugés sont nombreux et la place de la sexualité est très limitée. Les clients que je vois sont en souvent en phase aigue ou post-aigue de leur maladie. L’équipe multidisciplinaire travaille à mieux contrôler les symptômes, à ce que la personne reprenne contact avec ses intérêts, se mobilise… mais il y a peu de place pour reprendre contact avec son corps, ses pulsions, sa sexualité. Les clients ont peu d’intimité et sont souvent deux par chambre. Et bien sûr, il y a les quelques clients qui présentent des épisodes de désinhibition…. donc assurément, la sexualité fait peur aux intervenants. Néanmoins, plusieurs de ces clients vont passer un séjour de plusieurs semaines à l’hôpital. Je considère que de ne pas reconnaitre que notre client a droit à sa sexualité (en considérant le contexte bien sur), c’est ne pas reconnaitre que l’individu est une personne à part entière.
          En effet, les tabous doivent brisés ; l’observance à la médication est trop souvent faible étant donné les Sx secondaires. Et que dire du lobbying entourant ces sujets …

          Savez-vous s’il y a certains de vos collègues qui travaillent en soins aigue ?

          Je crois que la sexualité a un impact majeur sur l’estime de soi, et il ne faut donc pas la négliger dans un processus de rétablissement et de réadaptation.

          Commentaire par Karine Charbonneau — 16 août 2012 @ 16 h 33 min

  14. allo,
    je voudrais vous parler de mon expérience en temps que maman et bipolaire.
    J’ai eu 2 enfants avant d’être diagnostiquée bipolaire de type 2.
    Mes grossesses avaient étés difficiles sur le plan émotif mais les hormones étant ce qu’elles sont…je ne m’étais pas posée de questions. De plus, les idées suicidaires avaient toujours fait partie de ma vie donc, ce n’était pas qqc de nouveau non plus. Je m’y étais habituée si je peux m’exprimer ainsi. Après ma 2e grossesses, on m’a diagnostiqué et traitée pour un cancer de la thyroide. Je croyais avoir enfin trouvé la cause de mes humeurs instables. J’ai élevé mes enfants avec le sentiment de ne jamais être une bonne maman: trop fatiguée, trop colérique, impatiente ou je me cachais pour pleurer..j’étais vraiment instable. J’avais par contre un conjoint qui m’aidait beaucoup et qui s’occupait très bien des enfants.
    Sur un high, ou je n’ai pas dormi pendant plusieurs mois, que je travaillais sans cesse et que plus rien ne m’intéressais, je l’ai laissé. Ma libido était beaucoup trop élévée et lui ne voulait plus me suivre.
    J’ai rencontré un autre homme, après 9 mois de sorties dans les bars et de party. Je n’ai jamais fait de choses qui auraient pu être dangereuses par contre, j’avais encore un fil qui me retenait comme un cervolant.
    Après un an, toujours sans diagnostiques pour moi, on s’est laissés. Trop de chicanes, car lui avait une dépendance a l’alcool.
    C’est a ce moment la que la corde a lâchée, je suis retombée dans le pire high que j’ai connu. Délaissant mes enfants, mes amis, ma libido plus intense que jamais…en fait : dépendance sexuelle. J’ai eu des comportements à risques et j’en ai payé le prix. Crise d’herpès majeur…puis tentative de suicide. J’avais honte de moi, je ne me sentais plus connecté avec personnes, j’avais l’impression d’être une extra-terrestre catapultée dans un monde que je ne comprenais plus. Ma famille n’avait rien vu venir, j’avais toujours cachée mes  »faiblesses », j’avais toujours été celle qui était forte et qui prenait soins des autres. Normal de prendre soins des autres quand on sent qu’on ne vaut pas la peine de faire prendre soins de soi.
    Crise familial, abandonnée par mes amis. Ignorée et traitée comme une  »folle » et une moins que rien par le personnel soignant qui en passant étaient des collègues et des amis.. ( j’ai été traité à l’hôpital ou je travaillais..) Ca été très difficile.Je me suis coupée des êtres qui m’étaient le plus chers…mes enfants pcq je ne m’y sentais plus attachée..ils méritaient tellement mieux que moi…
    Plusieurs mois de thérapie et de suivi avec des gens extras ordinaires..( Md et TS )
    J’ai parlé à mon md de bipolarité…j’étais prête pour ce diagnostique qui m’avait fait peur si longtemps.
    Enfin, j’étais libérée de moi même, libérée de ma dépendance sexuelle, de mes pulsions de ma fatigue…je redevenais celle que j’aurais du être depuis longtemps.
    J’ai changé d’emploi, renoué avec mon conjoint et nous attendons une petite fille pour le mois prochain.
    Avoir un enfant en étant sous traitement n’est pas facile, mais avec de la volonté et de l’aide on peut y arriver. Mes enfants n’ont jamais manqués d’amours depuis que j’ai compris qu’être une bonne maman, des fois, ca signifie demander de l’aide ou prendre une petite pause pour revenir en force😉
    merci..

    Commentaire par marie-josée — 14 août 2012 @ 16 h 16 min

    • Quelle humilité! J’admire votre parcours! Continuez votre exemple de persévérance servira à vos enfants!

      Commentaire par Isabelle Boucher — 14 août 2012 @ 16 h 22 min

    • Bonjour, votre témoignage est très touchant et je dois vous félicitez pour tout le chemin que vous avez fait! J’aimerais souligner certains éléments qui m’ont beaucoup fait réfléchir dans votre texte.

      1) Vous affronté du mieux que vous pouviez les difficultés pendant de nombreuses années avant de recevoir un diagnostic et des services en conséquence et vous n’êtes probablement pas la seule à être au bout du rouleau avant que le problème ne soit réellement soupçonné. J’en conclue qu’il y a premièrement du travail à faire au niveau du réseau de santé pour rejoindre notre clientèle avant d’en arriver à ce point…Mais comment rejoindre une clientèle qui ne sait pas qu’elle a besoin d’aide? En aviez vous discutez avec le médecin pendant ou après vos grossesse, ou avez vous tout gardé pour vous?

      2) Vous vous décrivez comme quelqu’un qui était beaucoup au service des autres. Je suis toujours surprise de voir à quel point des gens qui vous ont vu sous un meilleur jour, des gens que vous avez probablement aidé dans le passé, puissent vous abandonner au moment où vous en avez le plus de besoin. Est-ce que cette réaction vous a donné de la difficulté à nouer de nouveau lien par la suite pour faire confiance au gens ? (La reprise de votre relation avec votre ancien conjoint me laisse croire que non, mais sans doute est-ce différent puisque c’est vous qui l’aviez laissé et non lui qui vous avait abandonné…)

      Merci

      Joanie
      Étudiante en ergothérapie

      Commentaire par Joanie Lepage — 14 août 2012 @ 16 h 53 min

    • Wow!! Quelle 1ière journée de débat-blogue! Merci grandement pour tous ces témoignages, réflexions, questionnements, échanges. Merci Marie-Josée de votre commentaire et de la franchise avec laquelle vous décrivez votre parcours. Vous êtes clairement une professionnel de la santé doublement compétente qui peut allier son expérience personnelle à son expérience professionnelle. Merci aussi de nous rappeler de demander de l’aide.

      Commentaire par Catherine — 14 août 2012 @ 21 h 22 min

    • Merci Marie-Josée pour ce témoignage très touchant. Comme le dit Catherine, je suis certaine que ce vécu expérientiel fait de toi une meilleure professionnelle de la santé. Est-ce que tu le mets à profit out tu désires garder ça pour toi?

      Je m’éloigne un peu du sujet, mais est-ce que vous avez divulguer votre maladie mentale à votre employeur? Je viens tout juste d’être embauchée dans un hôpital comme ergothérapeute et j’ai pu constater les milles et unes questions que l’on se fait poser sur notre santé physique et mentale….

      Commentaire par Mélissa Lalande — 15 août 2012 @ 8 h 57 min

    • Voilà 2 témoignages de personnes en santé mentale qui ont opté pour le rôle de mère. Merci. Je recevrai ce projet de vie avec une vision différente auprès de mes patient et en équipe.

      Commentaire par Lucie Legris, erg. — 15 août 2012 @ 10 h 59 min

    • Bonjour Marie-Josée,
      Est-ce que je peux faire lire votre témoignage à une personne, qui est mère, que je suis actuellement? Ce serait vraiment à point!

      Commentaire par Lucie Legris, erg. — 15 août 2012 @ 12 h 15 min

    • Wow! Je suis très très touché par votre histoire et votre honnêteté à ce sujet!

      Vous avez beaucoup de courage. Bravo!

      Très heureux aussi de voir que vous allez beaucoup mieux🙂

      Sincèrement,

      Simon Hébert

      Commentaire par Simon Hébert — 16 août 2012 @ 12 h 42 min

  15. @ jOANIE
    C’est difficile de demander de l’aide quand la seule vie que tu as jamais connu, c’est ce que tu vis au quotidien. On se croit dans la  »normalité ».
    Je suis moi-même une professionnelle de la santé, je ne voyais même pas mes propres symptômes…
    Un diagnostique n’aurait pu être possible avant pcq j’étais pas prête à l’entendre.
    Par contre, le fait d’entendre parlé de la maladie et des symptômes au quotidien m’a fait prendre conscience que peut-être, ma vie n’était pas tout a fait normal.
    C’est le reportage de Michel Courtemanche qui m’a ouvert les yeux.
    Ma peur d’être cataloguée  »folle » c’est mon mon md de famille qui me l’a enlevée en me présentant la maladie sous un autre jour : T’es pas folle, un diabétique a besoin d’insuline pour vivre toi, c’est ton cerveau qui a besoin de médication, c’est pas ta faute..t’as pas voulu être malade. tout a été dans la présentation..

    Pour ce qui est de la confiance, les vrais amis sont restés, les autres ont pris le bord..
    Au début je ne parlais pas de ma maladie mais maintenant..j’en parle ouvertement. si moi j’en fait pas de cas et je l’accepte, les autres vont l’accepter aussi.
    Si je peux aider une seule personne à s’accepter comme elle est pis enfin être heureuse..je vais être contente.:)

    Commentaire par marie-josée — 14 août 2012 @ 17 h 39 min

    • Merci beaucoup pour vos réponses!

      Je crois que même si le sujet de ce débat-ci est la sexualité, l’aspect stigmatisation ne peut pas en être dissocié et on le voit bien ici. Dans ce débat, il a souvent été dit que ce n’est pas parce que le client ne parle pas de sa sexualité qu’il n’y a pas de problème. Il en va de même pour la maladie en soi! Lorsqu’on vit des symptômes physique qui surviennent, c’est rarement présent depuis toujours et c’est généralement facile à décrire ou même à montrer. Mais lorsqu’on parle de maladie mentale, à partir de quand peut-on soi-même être conscient qu’il se passe quelque chose, qu’il ne s’agit pas seulement de différence individuelle de personnalité, surtout lorsqu’on a toujours été comme ça? Ce n’est pas facile et c’est ce qui rend l’information si importante auprès de la population, et non seulement auprès des clients une fois qu’ils ont eu droit à un parcours difficile.

      Dans le débat précédant sur la stigmatisation, il avait d’ailleurs été question de l’impact positif que peuvent avoir les célébrités à travers leurs témoignages et en voici un bel exemple. D’ailleurs, la manière dont la maladie mentale vous a été présenté par votre médecin est très pertinente (même si, comme vous le dites si bien dans votre message suivant. la thérapie compte aussi pour beaucoup en plus de la médication).

      Bravo pour tout le travail que vous avez fait sure vous même!

      Joanie

      Commentaire par Joanie Lepage — 15 août 2012 @ 9 h 23 min

  16. et…la thérapie est une chose aussi importante que la médication😉 merci..

    Commentaire par marie-josée — 14 août 2012 @ 17 h 44 min

  17. Bonjour! Bonsoir! Je remarque qu’il y a pas beaucoup d’homme sur le forum et qu’on y parle pas beaucoup de virilité, la mienne ma virilité je l’ai rangé, les pratiques sexuelles souffrantes qu’on pourrais qualifier de perverse j’en ai plus, je crois que la sexualité, excusez moi se doit d’être sauvage autrement dit c’est pas une chose qui se raisonne. Je sais très bien qu’on a tous un regard individuel, un senti un vécu sexué. Y’a une difficulté comment appeler un chat un chat, une fellation, un cuni lingus, la masturbation tout ces gestes génitaux qui parfois nous dérangent. J’ai encore une vie sexuelle et beaucoup moins intenses qu’avant, je sais très bien que c’est une baise de libido, je préfère ça a sauter sur ma braguette dès que j’aperçois un bout de chair féminine, excusez moi mesdames! Y’a cette idée aussi que les hommes peuvent avoir autant de partenaires sexuels qu’ils veulent sans perdre leurs dignités quand pour les femmes, malgré qu’on soit dans une société avancé, sont considérées comme des prostituées des moins que rien. Je suis un peu à côté de la track excusez moi, je termine ici.

    Commentaire par Bernard Saulnier — 15 août 2012 @ 0 h 49 min

    • Bonjour Bernard,
      c’est intéressant que pour vous, la baisse de libido causé par les médicaments soit positive (si je comprends bien). Et j’imagine sans mal qu’il n’est ni évident ni souhaitable de réagir à un peu de chair féminine comme vous le dites.

      Pour ce qui est de la comparaison entre les hommes et les femmes, je suis en partie d’accord avec votre opinion et je m’explique. C’est vrai qu’en général, une femme qui a plusieurs partenaires risque d’être vite catégorisée comme femme objet…alors que pour les hommes cela peut parfois être une certaine fierté, ou du moins ce n’est pas si grave, mais je ne crois pas que ce soit sans conséquence. De l’expérience que j’ai de personnes autour de moi, une personne qui est considérée comme ayant trop de partenaires sexuels peut en venir à avoir de la difficulté à avoir une relation amoureuse. Pas parce que la personne ne veut pas d’une relation amoureuse, mais plutôt parce que les autres peuvent vous considéré comme un partenaire sexuel et rien de plus, ou même avoir peur que vous ne puissiez être fidèle à une seule personne, avoir peur d’être blessée en s’engageant dans une relation qui risque de se terminer à cause d’un peu de peau d’une autre femme. Il ne s’agit là que d’un résumé du vécu de quelques amis que j’ai eu, il peut clairement en avoir été autrement pour vous ou pour n’importe qui d’autre!

      Commentaire par Joanie Lepage — 15 août 2012 @ 9 h 42 min

  18. Chad G. C: Hypothèse sur le Trouble Bipolaire – Schizophrénique – Affectif (TBSA)

    Actuellement, les succès dominants du traitement médicamenteux du trouble bipolaire – schizophrénique – affectif (TBSA) permettent de détecter l’origine biologique du TBSA, qui occasionne à la fois des problèmes de libido (innés et acquis) ou, en des termes plus littéraires, un débalancement psychosexuel.

    Le TBSA s’exprime par une difficulté à composer avec la réalité, dont sa sexualité. La personne souffrante a le plus souvent une quête maladive de jouissance (dans tous les sens du terme, même sexuellement) pour combler un vide affectif et identitaire que cause le TBSA. C’est ce que l’on appelle un mécanisme de transfert, de dépendance et de blocage bio-psychosexuel.

    Aussi, le débalancement chimique et électrique qu’occasionne le TBSA entraîne, à la base, un manque de toxines essentielles, une carence en neurotransmetteurs qui affecte directement la dimension sexuelle dans sa globalité. Dans la phase de manie, cette carence provoque souvent une libido extrême.

    Il apparaît maintenant évident que ce déséquilibre de la personne souffrante du TBSA est relié directement à un retard de maturité dans son développement psychosexuel. Le psychiatre Scott Peck explique dans son livre Le chemin le moins fréquenté paru en 1988: « Cette manie de s’accrocher à une vue dépassée de la réalité est à la base de la plupart des maladies mentales. C’est un ensemble de perceptions, une approche du monde et un comportement développé pendant l’enfance, qui est tout à fait approprié à l’environnement de l’enfance (et même nécessaire à sa survie), mais qui est transféré dans l’âge adulte alors qu’il n’est plus utilisable.»
    En ce sens, la personne bipolaire passe graduellement à travers un chemin chaotique où son humeur, son ‘mal de vivre’, ses souvenirs douloureux, sa fuite, entraîne un déséquilibre chez elle de sa sensibilité, son affectivité, son émotivité, et sa sexualité.

    En résumé, pour apprendre à composer avec sa vie sexuelle mais aussi affective, sociale, professionnelle, et spirituelle, la personne ‘malade’ doit veiller à canaliser son énergie ‘libidinale’ pour garder en soi la pulsion de vie.

    Chad G. Chouinard

    Usager-Chercheur à l’Hôpital Louis-H. Lafontaine
    Patient-partenaire

    Commentaire par Chad Chouinard — 15 août 2012 @ 9 h 08 min

    • Bonjour,
      je crois que cela nous ramène à vouloir atteindre un certain équilibre comme certain l’ont mentionnés plus haut. Un équilibre entre l’amour et la sexualité (par exemple, pour ceux qui ont trop de libido, canalisé un peu de cette libido pour de l’amour et ainsi des relations plus solides et probablement plus satisfaisante). Bien sûre, chacun a son propre équilibre confortable à atteindre entre toutes les sphères de sa vie (sociale, affective, etc.), ce n’est assurément pas une énergie égale qui sera investie dans chaque sphère pour personne, mais il doit quand même y avoir un peu de tout dans notre vie pour s’épanouir et être pleinement satisfait!

      Qu’en pensez-vous?

      Joanie
      Étudiante en ergothérapie

      Commentaire par Joanie Lepage — 15 août 2012 @ 9 h 59 min

    • Tiens je vais employer un vieux verbe dont on entend plus parler, sublimer, dans le sens de canaliser l’énergie sexuelle sur une production artistique…. Qu’est-ce que vous penser de la sublimation? Peut être que ma compréhension est fausse?

      Commentaire par Bernard Saulnier — 15 août 2012 @ 14 h 42 min

      • Après une petite revue de mes notes de cours (puisqu’en effet je n’ai pas vu le terme être souvent utilisé). Pour le besoin de la cause, voici une petite définition tirée de wikipédia : La sublimation est la capacité de satisfaire la pulsion sans atteindre le but originel. Le désir sexuel peut trouver purgé sans qu’il y ait sexualité (par exemple dans les processus sociaux comme l’art ou les sports).

        Pour moi c’est la même chose que lorsqu’on parle de canaliser son énergie pour l’investir dans une autre activité que celle à laquelle on la destinait. Se réfugier dans quelque chose qui va nous satisfaire. C’est une manière que nous avons de nous  »protéger » face à une situation difficile, comme lorsque la relation sexuelle pose problème.

        Par contre, je ne sais pas si la sublimation s’applique dans le sens inverse (comme se réfugier dans les relations sexuelles pour combler un vide émotionnel). Mais je ne crois puisque je ne considère pas l’amour comme une pulsion.

        Qu’en pensez-vous?

        Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 15 août 2012 @ 14 h 59 min

        • Moi je crois que oui on peux sublimer dans le sexe mais je parlerais plus de fuite, comme souvent quand je parle de ces choses là je pense aux dérèglements des sens du poète, la chair, la chair pour ne plus pensés à nos soucis… L’amour oui mais faut commencer par s’aimer soi même ce qui est difficile quand on a une maladie mentale, ces voix qu’on essais de taire dans et par l’acte sexuel…

          Commentaire par Bernard Saulnier — 15 août 2012 @ 15 h 12 min

        • La compulsion sexuelle est possible. Des cas de masturbations compulsives existent. Et habituellement, ces gens l’utilisent pour calmer une anxiété, une peur, un stress. Je perçois la sublimation comme positive c’est-à-dire trouver une solution de rechange (mais une solution saine) en attendant. Par contre, la compulsion est plutôt négative et tend à rendre la personne captive de son acte. Je crois aussi qu’il est possible pour certaines personnes de combler un vide émotionnel en s’adonnant à des rapports sexuels sans lendemain. J’utilise volontairement le terme rapport sexuel qui se rapporte davantage à une activité sexuelle sans lendemain, avec un-e inconnu-e alors que la relation sexuelle implique d’abord une relation soutenue avec l’autre. Réflexion à poursuivre. Qu’en pensez-vous?

          Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 15 août 2012 @ 15 h 46 min

        • La compulsion sexuelle est une problématique en soi. Des cas de masturbation compulsive existent. Des personnes se masturbent de façon compulsive pour soulager une anxiété, un stress, une peur. Je perçois la sublimation comme positive, c’est-à-dire une solution de rechange (une solution saine) en attendant. Par contre, la compulsion est plutôt négative et rend la personne captive de son acte. Je crois aussi que c’est possible que des personnes vivent à répétition des rapports sexuels pour combler un vide émotionnel. J’utilises volontairement le terme rapport sexuel ici car pour moi il se rapporte davantage à l’idée d’une activité sexuelle sans lendemain, avec un-e inconnu-e. Le terme relation sexuelle s’apparente pour moi à une activité sexuelle qui a lieu entre deux personnes qui entretenaient une relation soutenue et affective. Réflexion à poursuivre. Qu’en pensez-vous?

          Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 15 août 2012 @ 15 h 55 min

          • Pour que la nature ou, en certains cas, le coup de foudre ne vienne changer notre champs de vision
            amoureux, je suis persuadé, par expérience, qu’un engagement profond et sérieux est nécessaire. Qu’en
            pensez-vous?

            Commentaire par Alain Métivier — 15 août 2012 @ 16 h 48 min

          • Oui et j’ajouterais même une bonne connaissance de soi, de ses préférences et de ses limites.

            Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 9 h 30 min

          • Cette nuance entre compulsion et sublimation est vraiment intéressante. Je comprend que la différence réside dans ce qui motive le remplacement d’une activité par une autre, et non l’activité de remplacement en soi. Merci de m’éclairer!

            Je suis aussi d’accord pour ce qu’implique une relation sexuelle, en comparaison avec un rapport dénudé de l’aspect engagement, amour. Sur le moment, le rapport peut peut-être sembler satisfaisant, mais pour combien de temps et à quel prix?

            Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 15 août 2012 @ 17 h 02 min

    • Très intéressant ce témoignage plutôt informatif! J’ai appris beaucoup en lisant ce texte…

      Commentaire par Danielle — 15 août 2012 @ 15 h 17 min

  19. Aujourd’hui, il me vient une histoire en tête! Un peu comme un feuilleton… Vous aussi aurez envie de faire :
    « Oh! C’est beau aussi la vie! »

    Voici, il y a dix ans, je me présente chez une dame en détresse. Elle a un lourd handicap dû à un accident de travail et elle doit se battre pour obtenir l’aide nécessaire aux tâches quotidiennes. Elle est seule, puisque tout le monde a pris la fuite devant l’ampleur de la tâche! La douleur qui se lit au fond de ses yeux. est difficile à encaisser.
    Tant bien que mal, nous l’accompagnons pendant quelques années. De réussite en réussite, voilà que le prince charmant se pointe! La dame prend peur, lui fait vivre l’enfer mais il passe le test merveilleusement bien et la conquiérit jusqu’à ce qu’elle accepte de l’épouser! Ils vivent heureux depuis et ont eu quelques petits-enfants!

    Des histoires comme celle-ci sont rares mais elles existent. Il faut beaucoup d’adaptation au travers la maladie et d’acceptation de l’autre dans ses limites mais c’est possible et ça redonne confiance en la vie! L’amour transforme et adoucit les pires adversités!😉

    Commentaire par Isabelle Boucher — 15 août 2012 @ 9 h 38 min

    • Bonjour,

      c’est une belle histoire que vous nous rapportez!
      Vous dites que la dame a mis ce prince charment à l’épreuve et je peux comprendre cela après que tout le monde ait pris la fuite. J’aimerais savoir si vous avez eu à soutenir cette dame et à intervenir pour l’aider à affronter ses peurs face à cette nouvelle relation qui se développait un peu difficilement au départ? ou si vous avez laissé aller les choses qui ont heureusement bien terminé? Dans votre histoire, j’ai supposé que la dame avait un handicap physique et que vous aviez surtout été demandé pour l’appuyer dans ses démarches, mais on ne peut clairement pas être aveugle et resté les bras croisé face à une détresse émotionnelle?!

      Commentaire par Joanie Lepage — 15 août 2012 @ 10 h 07 min

      • Nous avions été demandés parce que la dame était dans un état dépressif majeur et on présumait que son état de santé était amplifié par cet état… L’humain étant influencé par toutes les sphères de sa vie nous accompagnons dans toutes les démarches qui mèneront vers un mieux-être!
        Effectivement, nous avons encouragé, écouté, expliqué le réaction de l’autre, éclairé les émotions contradictoires…finalement suggéré toujours de communiquer entre eux leurs craintes, émotions, etc.

        Je ne sais pas si leur relation aurait eu la même issue si nous n’y avions pas cru autant🙂

        Commentaire par Isabelle Boucher — 15 août 2012 @ 10 h 17 min

  20. @ lucie, avec plaisir…ca fait du bien de voir qu’on est pas seul dans notre galère qq fois.🙂
    @mélissa, je traite mes patients comme je l’ai toujours fait: comme un membre de ma famille…avec encore moins de jugements maintenant…il y a toujours une histoire qu’on ne connait pas derrière chaque comportement..;)
    merci de l’intérêt que vous m’avez porté, c’est gentil..si ca peut aider… tant mieux.
    marie

    Commentaire par marie-josée — 15 août 2012 @ 12 h 55 min

    • Découvrir sa sexualité en même temps que d’apprendre qu’on est atteint d’une maladie mentale.

      À travers les généreux témoignages qui ont été livrés ici, je me rends compte que beaucoup ont découvert leur sexualité en vivant une maladie mentale, et non en apprenant la présence de cette maladie mentale. Que la maladie mentale soit connue ou non par la personne qui découvre sa sexualité, ce n’est pas facile au niveau identitaire et affectif, et il est difficile de discerner ce qui est ‘’normal’’ et ce qui ne l’est pas. Comment savoir que ce n’est pas normal d’agir ainsi, d’avoir autant ou si peu d’appétit sexuelle, d’avoir certaines tendances et etc., alors qu’on n’y connait rien? Et à qui en parler?

      Personnellement, j’ai vécu une grande détresse émotionnelle durant l’adolescence pour toutes sortes de problèmes familiaux. Bref, mes deux frères et moi avions été laissés à nous même avec une extrême liberté, sans encadrement, sans présence et sans affection de la part d’aucun parent. Résultat : 3 ados qui organisent des fêtes où tout est permis. Je me sentais abandonnée, j’avais soif d’affection, je voulais qu’on m’aime au point de ne dire non à rien. Malgré mon inconfort lors de mes premières expériences, je n’avais jamais soupçonné que ce n’était pas normal!

      Il y a à peine trois ans, avec mon conjoint actuel, j’ai été désemparé et j’ai perdu tout mes moyens (alors que je me croyais ‘’expérimentée’’), saisie par la tendresse, le respect et l’amour qui m’était jusqu’alors inconnu.

      Pendant tout ce temps, j’aidais constamment mes amies à passer à travers leurs épreuves, cachant sans cesse ma détresse (très peu on su s’en rendre compte). Aujourd’hui je suis heureuse de pouvoir continuer à faire ce que j’ai toujours bien réussi : aider les autres. Mais je suis aussi contente d’apprendre à m’affirmer et à être aimé pour ce que je suis, et non pour ce que les autres veulent que je sois!

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 15 août 2012 @ 13 h 55 min

      • C’est un beau témoignage Joanie! Plein de maturité. Je retiens ici la question de normalité-anormalité car en effet, que ce soit la maladie mentale ou simplement un manque d’information ou une mésinformation, cette fameuse question du Suis-je normale? se pose. Et, de là, je ne peux que promouvoir l’éducation à la sexualité. Il y a tellement de questions qui pourraient être répondues par des ateliers éducatifs sur la sexualité. Et, quoi de plus rassurant que de se faire dire « oui c’est normal ce que tu vis » et d’avoir quelqu’un qui prend le temps d’écouter et de voir avec nous le « COMMENT on le vit ».

        Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 15 août 2012 @ 15 h 38 min

      • Oh oui, il y a un gros travail d’éducation à faire! Je ne sais pas maintenant, mais lors de mon secondaire, la seule éducation sexuelle consistait à nous dire qu’il faut mettre un condom, en nous parlant des différentes maladies transmises sexuellement. C’est bien, mais c’est très très très loin d’être suffisant pour que des relations sexuelles soient saines! Et encore, on nous encourageait fortement à attendre d’avoir trouvé LA personne, avant d’explorer cette avenue (une sortes d’adaptation à l’expression: pas avant le mariage). Or ce n’est pas la réalité! Alors comment aller demander de l’aide, alors qu’on se sent en partie fautif d’avoir  »désobéi », comment oser des questions?

        Je crois qu’il y a une crainte d’aborder le sujet avec des jeunes, en partie par peur de leur donner des idées. Jusqu’à un certain âge les jeunes sont jugés trop jeunes pour leur dire les vrais termes, pour discuter ouvertement d’un sujet aussi  »vulgaire », alors qu’à peine plus vieux, on juge qu’il n’y a aucun besoin d’en parler en se disant que ces mêmes jeunes sont maintenant assez vieux pour comprendre par eux même sans avoir besoin de leur faire un dessin. Il y a quoi entre les deux?!

        Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 15 août 2012 @ 16 h 02 min

        • Bonjour Joanie,
          Il n’y a malheureusement rien entre les deux réalités que tu présentes. Tout le problème est effectivement dans l’absence d’éducation sexuelle notamment dans les écoles. Les raisons que tu évoques (peur d’encourager les jeunes et ensuite croire qu’ils sont assez vieux pour s’éduquer eux-mêmes) font obstacle aux initiatives d’éducation sexuelle. Le retour de l’éducation sexuelle dans les écoles est prévu pour septembre. Maintenant, il faudrait que les sexologues ou du moins des personnes à l’aise et confortable avec le sujet soit responsable de cette éducation. Dans un autre billet, je ferai le tour de ma perception de ce que devrait être l’éducation sexuelle.

          Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 9 h 14 min

  21. J’apprécie beaucoup de lire vos échanges! À la Société québécoise de la schizophrénie, nous nous sommes donnés comme mandat de créer une section « Mieux Vivre » sur notre site web, et le sujet de la sexualité en fera partie. Pour cela, nous avons demandé l’intervention d’une sexologue qui travaille dans le milieu de la santé mentale, et de psychiatres.
    Premièrement et sans aucun jugement, j’ai pu constater que le sujet de la sexualité était peu abordé entre l’équipe traitante et les patients, et que les psychiatres, malgré leur bonne volonté, n’avaient pas toutes les réponses aux questions que nous avions recueillies de la part des personnes atteintes. Qui donc peut répondre aux questions des personnes atteintes? À qui peut-on référer nos membres qui souhaitent obtenir de l’aide dans ce domaine? Ergothérapeute, psychologue, sexologue? Existe-t-il un registre des sexologues spécialisés en santé mentale?

    Mon autre point (j’en aurais bien d’autres): j’ai lu que chez les personnes atteintes de schizophrénie, le manque de libido n’était pas nécessairement causé par la médication, mais que pour plusieurs, ce symptôme était présent avant le début des traitements, et donc sera plutôt une conséquence de la maladie. Quelqu’un pourrait-il partager son vécu à ce sujet?

    Et finalement, les différents intervenants m’ont laissé entendre que bien avant la sexualité, c’est d’abord le sujet de la communication – comment entrer en contact avec l’autre, comment initier une conversation, comment « sociabiliser », bref – qui devrait être abordé. Avoir une vie sexuelle ou même une vie de couple serait donc un objectif d’un niveau « avancé », alors que la base n’est pas « maîtrisée ». Qu’en pensez-vous?

    Commentaire par Tania — 15 août 2012 @ 15 h 50 min

    • Bonjour Tania,
      je ne suis pas en mesure de répondre à tes premiers points, mais je me permet de donner mon avis sur le dernier.

      Je suis tout à fait d’accord pour dire que la sexualité c’est d’abord la communication. Avant même d’avoir une relation sexuelle avec quelqu’un, on doit assurément faire une rencontre, faire connaissance (idéalement…). La relation sexuelle devrait avoir lieu alors que les deux personnes se découvre un minimum d’affinité, de complicité, etc. Non seulement il faut pouvoir développer des relations, mais il est aussi question de MAINTENIR cette relation par la suite, d’engagement. Les deux partenaires vont évolué dans le temps, et assurément pas toujours dans la même direction au fur et à mesure que chacun se découvre soi-même et découvre l’autre. Chacun doit donc s’ajuster du mieux qu’il peut à tous les changements possibles, et tout cela demande une bonne communication pour un consentement libre et éclairé pour les deux partenaires.

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 15 août 2012 @ 16 h 18 min

      • Merci Joanie.
        Connaîtrais-tu des références (livres, articles) traitant de ce sujet (l’ABC de la communication) chez les personnes atteintes? Des manuels d’animation de groupe, des trucs pratiques, des exercices? Ça me donnerait un coup de main pour étoffer la section qu’on développe!

        Commentaire par Tania — 15 août 2012 @ 16 h 31 min

        • Bonjour,
          dans ce que j’ai vu dans mes cours, j’aurais entre autre les  »techniques d’entrainement des habiletés sociales » , qui est essentiellement basé sur la discussion, la réflexion en groupe et la tenue de mise en situation pour comprendre et développer les habiletés sociales. Moi j’ai eu accès à un document de l’auteur Jérôme Favrod, mais il y a d’avantage d’auteurs qui ont traités sur le sujet.

          Plus spécifiquement, j’ai aussi survolé le  »programme psychothérapeutique d’objectifs personnels » (Phase 1 compétences de gestion de la maladie dans 
          Bauer et al. Thérapie de groupe pour le trouble bipolaire : une approche structurée.). Celui-ci adresse spécialement la bi-polarité et est très intéressant!

          Bonne continuité et j’espère que cela vous aidera.

          Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 15 août 2012 @ 16 h 49 min

          • Depuis hier, j’ai constaté que vous êtes une étudiante qui tire pleinement profit de ces trois jours
            d’échange. Je tiens à vous féliciter pour votre implication. Vous êtes une personne très intelligente et
            je tenais à vous le dire. Je fais cette parenthèse car je crois qu’il est important que l’on se dise
            ouvertement que nous travaillons ensemble (tous les blogueurs(euses) à changer les mentalités. Continuons……..

            Commentaire par Alain Métivier — 15 août 2012 @ 17 h 16 min

          • Merci beaucoup! Le thème de la santé mentale me tient beaucoup à coeur et je constate de plus en plus que certaines lacunes du système de santé est assez représentatif de la formation que je reçois en cours. C’est certain que j’apprends beaucoup de choses utiles en classe, mais il y a des choses tout aussi importante que je ne soupçonnais pas, comme la sexualité dont nous discutons ici depuis 3 jours! Merci à tous d’enrichir ma réflexion, je n’en serai qu’une meilleure professionnelle.

            Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 10 h 38 min

    • Bonjour Tania, j’aime votre idée d,avoir une section sur votre site web et offrir un service pour les patients par la Société québécoise de la schizophrénie sur la sexualité, c’est une ressource qui peut répondre à plusieurs besoins et malaises par les patients souffrant de cette maladie!

      Commentaire par Danielle — 15 août 2012 @ 18 h 15 min

    • Bonjour Tania,
      D’abord, je ne peux que souligner et encourager votre initiative.
      À défaut d’avoir un registre de sexologues spécialisés en santé mentale, il y a deux associations de sexologues au Québec qui répertorient leur membre selon leurs spécialités. En les contactant ou en consultant leur base de données, vous aurez certainement le nom de quelques sexologues qui se spécialisent dans le domaine. Voici les adresses de ces associations http://www.rpsq.org et http://www.associationdessexologues.com.

      Ensuite, j’ai peut-être un élément de réponse concernant le manqe de libido présent avant la maladie. Si une personne qui manque de confiance et d’estime d’elle-même, il est possible que cela se répercute sur sa libido. Ne se sentant pas à l’aise dans son corps et son identité, cela diminuera son intérêt envers la sexualité. Et, effectivement, lorsque des gens croient que leur manque de libido est dû à la maladie, la première chose sur laquelle je les questionne c’est le moment d’apparition de ce manque. Bien souvent, le manque était présent avant la maladie.

      Enfin, il est vrai que les habiletés sociales sont très importantes dans l’éducation à la sexualité. Elles sont, comme vous dites, la base. Je dirais même qu’il arrive que pour certaines personnes, la base soit l’anatomie et la compréhension du corps. Il est préférable que les gens maîtrisent ces habiletés afin d’entretenir une relation de couple saine. Si vous souhaitez des références, je vous suggère de contacter l’Alternative en santé mentale de Pointe-aux-Trembles. Une sexologue, lors d’un stage, y a réalisé un programme d’intervention axé sur les habiletés sociales et de séduction. Cela pourrait vous aider. Vous pourrez trouver facilement leur coordonnées sur Internet.

      En espérant vous avoir aidé.

      Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 8 h 54 min

      • Merci beaucoup Annick pour ces références. J’ai pu trouver une liste de sexologues ayant les troubles de santé mentale comme spécialité sur le site du RPSQ. J’ai toutefois été déçue de constater que ce n’est pas une catégorie répertoriée à l’Association des sexologues.

        Quant à l’Alternative, centre de jour en santé mentale, c’est justement là que travaille la sexologue (Mme Dufour) que nous avons consulté pour créer la section sur la sexualité sur notre site web! Nous l’avons aussi reçu en conférence, elle est en ligne sur notre site web. Sa présentation a suscité beaucoup d’intérêt auprès de nos membres, c’est pourquoi nous avons décidé d’élaborer sur le sujet.

        Questionner les personnes atteintes afin qu’elles retrouvent le moment où elles ont commencées à ressentir une baisse de libido, c’est intéressant de les amener à réfléchir et à ne pas accuser automatiquement la médication ou la maladie. Il est vrai aussi que les signes avant-coureurs de la psychose (donc avant l’apparition de la maladie) comportent aussi des éléments qui peuvent influencer la sexualité (perte de confiance, image négative de soi, tristesse, isolement, apathie… (source: http://www.refer-o-scope.com).

        Au sujet de l’anatomie et de la connaissance du corps, ce serait un manque d’éducation, selon toi? As-tu constaté chez personnes atteintes d’une problématique de santé mentale un manque plus grand de connaissance face à leur corps? Est-ce que ce serait un élément à ajouter à notre future section? Au niveau de l’éducation sexuelle, en écoutant les questions soumises par les personnes présentes lors de notre conférence sur la sexualité, j’ai pu observer que certains n’étaient pas suffisamment informés sur les ITSS… mais sur ce point, chez la population en général aussi, l’information doit être répétée parce qu’il est facile de croire qu’on n’est pas concerné!

        Commentaire par Tania — 17 août 2012 @ 11 h 41 min

        • Bonjour Tania,
          Je connais madame Dufour de l’Alternative. Nous nous côtoyons dans le cadre de nos emplois respectifs.

          J’ai remarqué au cours de mon expérience en santé mentale un manque plus grand, chez les personnes atteintes d’une problématique en santé mentale, de connaissance de leur corps. C’est ce qui m’a amené, dans le courant de mes études à la maîtrise, à réaliser un programme d’intervention ayant pour but la réappropriation corps, de la sexualité et du plaisir. Les six ateliers concernaient bien sûr le corps sexué (anatomie) et la valeur qu’on y accorde, les plaisirs corporels, l’espace social et intime, l’impact de la médication sur les fonctions corporelles sexuelles, les ITSS et le rapport au corps (corps érotique vs corps contaminant).

          Tout le monde dira que l’anatomie c’est vraiment ennuyeux comme sujet mais je l’ai abordé sous l’angle du plaisir. Ainsi, si nous ne connaissons pas « la mécanique » et les zones érogènes, nous arriverons à rien côté plaisir et sexualité (surtout si la médication agit sur les fonctions corporelles, il faut connaître quelques trucs pour mieux s’épanouir). Voilà. C’est l’angle que je donnais à mes ateliers.

          Enfin, je crois qu’il peut être pertinent qu’une section de ce genre soit incluse sur votre site.

          Au plaisir.

          Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 17 août 2012 @ 12 h 11 min

  22. Bonjour à vous tous,

    Mon texte d’aujourd’hui cherche à vous faire connaître et peut-être comprendre à quoi peut ressembler la sexualité, pour l’avoir vécu, d’un dépressif, mais pour le sujet d’aujourd’hui, d’un obsessif-compulsif. C’est-à-dire moi.

    L’obsessivité-compulsivité, et je l’ai appris à mes dépens, a affecté ma vie de diverses façons, incluant ma sexualité. J’ai eu à vivre, et je le vis encore aujourd’hui à un certain degré, avec l’obsession ‘d’attraper’ des maladies transmises sexuellement (MTS).

    Je me souviens bien d’avoir compris que mes pensées étaient malsaines quand, à l’adolescence, j’avais eu une relation sexuelle avec une fille lors d’un voyage dans l’ouest canadien alors que j’avais 18 ans. Même ‘protégé’, dès le lendemain, je vivais avec la pensée obsédante que j’avais ‘attrapé’ un ou des MTS, mais principalement le sida. Tout le reste de ce voyage, j’étais habité par la pensée que j’en étais à mes derniers mois sur cette terre et que je l’apprendrais après avoir subit des tests à mon retour à Montréal. (j’ai d’ailleurs été pour un test le lendemain de mon retour…) Comment gâcher un voyage…

    Je n’ai plus jamais répété l’expérience du ‘one-night’ depuis (et j’ai 35 ans) malgré que j’ai eu de longues périodes sans relations durables. Sans prétentions, j’ai eu des occasions, je l’avoue.

    À un autre niveau, et c’est le coté le plus difficile pour moi à gérer, j’ai ‘gâché’, il y a quelques années, une relation avec une femme que j’aimais beaucoup. Il m’était impossible, voir impensable, d’en arriver à ne plus porter le condom, même si elle me disait s’être fait tester suite à sa dernière relation, sans avoir vu les résultats moi-même… Vous voyez le genre? Évidemment, ma demande a été très mal acceptée et à finalement été la raison principale de notre rupture quelques semaines plus tard.

    Je peux aujourd’hui affirmer que, même si je comprends bien qu’il s’agit de l’une de mes nombreuses obsessions, suite aux thérapies à ce sujet, je me suis quelque peu raisonné à ce sujet. Cependant, et c’est ça la maladie mentale, je sais bien que mon ‘problème’ ne s’effacera jamais complètement. Et c’est parfois difficile à accepter…

    Merci de m’avoir lu,

    Anonyme

    Commentaire par anonyme — 15 août 2012 @ 15 h 55 min

    • Intéressant votre témoignage comme anonyme…Moi aussi, j’ai souffert de ce problème d’où mon diagnostic de schizophénie paranoïde. J’ai eu l’occassion d’avoir des délires face aux MTS et le sida plusieurs fois, en pensant que j’étais atteinte. La dernière fois que cela s’est produit chez moi, j’avais cessé ma médication pour des raisons personnelles, notamment pour me préparer à une grossesse éventuelle croyant que la médication allait avoir un effet sur le foetus, ainsi je délirais que j’avais le sida…C’était une phobie incontrôlable jusqu’à faire la guerre avec mon mari parce que je ne voulait pas avoir de relations sexuelles pour éviter de le contaminer, croyais-je. Bref, je comprend tout la souffrance que vous avez face à ce problème de votre diagnostic!

      Commentaire par Danielle — 15 août 2012 @ 18 h 09 min

      • Merci de commenter mon article, c’est très très apprécié Danielle🙂 Tout ce que je peux rajouter c’est que je suis parfois fasciné de constater à quel point on semble minimiser les problèmes des autres. J’entends souvent dire à ce sujet: ‘Et bien, on a tous nos petites obsessions!’. À certains égards, je suis pareil… mais je fais des efforts pour redoubler d’empathie face aux problèmes des autres quand je m’aperçois que je les minimise à mon tour, sachant comment l’on se sent.

        Anonyme

        Commentaire par anonyme — 16 août 2012 @ 0 h 37 min

  23. Concernant la sexualité en santé mentale, j’aimerais parlé de ce que j,ai vécu et de ce que je sais chez d’autres personnes souffrantes en santé mentale pour faire une réflexion sur le sujet…Moi-même j’ai eu des moments où mon expression sexuelle était excessif parce que j’étais dans une phase psychotique et j’ai voulu faire des choses que j’ai honte jusqu’à présent. Mon ancien conjoint m’a dit qu’il a marché tout nu dans son quartier en psychose…Je peux dire qu’en état psychotique nous n’avons pas de contrôle et d’autant plus qu’il n,existe pas de barrière entre le réel et la réalité confondue. Mais la plupart du temps nous sommes innocent dans nos actes et victime de soi-même. Notamment, lors de ma première psychose, un patient était avec moi dans la salle de jeux et nous étions seuls, alors celui-ci s’est approché de moi pour m’embrasser et moi j’ai rien fait pour l’empêcher…Aujourd’hui je pense que j’étais innofensive. Une autre fois, où j’ai été prise au dépourvu, j’étais hospitalisée et j’ai été dérangé par un patient qui se masturbait devant moi. Bref, j’ai déposé une plainte au poste infirmier parce qu’il s’était couché une autre fois dans mon lit et j’avais peur de lui. Dans le système de santé, est-ce que la sexualité des patients est contrôlée? Autrement dit, est-ce que le personnel soignant s’organise pour gérer leur patient pour contrôler leur sexualité en public? Également, est-ce qu’il existe des textes littéraires ou des études qui sont documentés sur le mécanismes bio-chimique en état de psychose?

    Commentaire par Danielle — 15 août 2012 @ 16 h 11 min

    • Suite à votre témoignage, on constate qu’il y a clairement du travail à faire pour contrôler la sexualité en hébergement, surtout lorsque les personnes concernées ne sont pas nécessairement conscientes d’elle-même. Dans un texte plus haut (point 7), il est question de permettre et d’encadrer les relations sexuelles consentantes en hébergement. C,est une approche plutôt récente, mais il semblerait qu’en ne le permettant pas, il y avait de nombreuses surprises, des gens qui y parvenait en se cachant dans les placards ou qui était simplement discrets dans leur chambre.

      Toutefois, lorsque le problème n’est pas le manque d’intimité, mais plutôt le trop d’ouverture, ça semble assez difficile à prévenir sans brimer la liberté de la personne Doit-on confiner cet homme à sa chambre parce qu’il peut être indécent? Je ne crois pas (à moins qu’il représente un réel danger…), mais il faut réfléchir à comment intervenir auprès de cette personne pour lui faire prendre conscience, ou encore trouver le moyen d’offrir plus de surveillance. Comme partout dans notre système, il semble manquer de monde partout pour une multitude de petit services qui pourrait faire une différence majeure sur la sécurité et la dignité des patients!

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 15 août 2012 @ 16 h 34 min

      • je suis d’accord avec vous. Il y a beaucoup à réfléchir et àa mettre sur pied àa ce sujet.

        Commentaire par Alain Métivier — 15 août 2012 @ 16 h 54 min

      • Ici, je crois que l’on doit faire la différence entre les milieux de soins qui deviennent des milieux de vie comme les CHSLD par exemple et les milieux de soins pour les personnes « malades » comme les unités d’hospitalisation. Je crois que la réalité est vraiment différente et donc les besoins aussi.

        Commentaire par Mélissa Lalande — 15 août 2012 @ 21 h 02 min

        • Tu as tout à fait raison Mélissa. Je pense par exemple à quelqu’un qui se ferais hospitalisé, ne serait-ce que pour une bonne grippe. Même si cette personne souffre d’une maladie mentale, pourquoi serait-elle obligé de le mentionné, et en quoi cela justifierait-il de la placer dans une aile  »spécialisé », alors que la raison de sa visite est une grippe…Par contre, même si ce n’est pas la raison de sa visite, il serait important qu’une personne soit accessible pour intervenir lorsque de tel évènement surviennent (comme une personne qui va se masturber devant une patiente qui n’a clairement rien demandée…)

          Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 8 h 39 min

          • Le manque de personnel formé pour intervenir en matière de sexualité fait cruellement défaut. Le sujet abordé ici en est la preuve.

            Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 9 h 05 min

    • Bonjour Danielle,
      Je pense que le niveau de contrôle de la sexualité dépend des centres hospitaliers et de leur politique. Une chose est sûre, la sexualité rend souvent les intervenants et le personnel soignant mal à l’aise et inconfortable. Cela explique peut-être en partie que vous ayez vécu de « expériences sexuelles » qui vous ont dérangé, le personnel soignant ayant fermé les yeux sur les activités de certains individus. Des personnes travaillant en milieu hospitalier pourrait mieux expliquer ou corriger mes affirmations.

      Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 9 h 00 min

      • J’aimerais ajouter aussi qu’il y a en fait un certain changement de mentalité au niveau des services de soins pour se rendre compte que la sexualité c’est important. Dans mes différents stages (tous en santé physique par contre), que ce soit pour un congé d’hôpital, pour un maintient à domicile et même en hébergement, ce qui compte c’est que la personne puisse assurer des besoins essentiels. Ces fameux besoins essentiels sont notamment, se préparer à manger, se nourrir, se laver, se déplacer sécuritairement (ou avoir l’aide nécessaire pour accomplir ces activités). Or, il faut se rendre compte que la sexualité peut clairement menacer le développement et le maintient des différentes relations sociales qui permettent que tout fonctionne bien…Son importance est si sous-estimée. De la même manière, j’ai eu l’occasion de travailler auprès des personnes âgées à domicile et laissez moi vous dire que même lorsqu’ils sont en couple, le sujet est minutieusement évité!

        Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 9 h 28 min

      • Effectivement, les tabous entourants la sexualité sont encore trop présents et ces manifestations des personnes en institution (relation de couple hétérosexuelle ou homosexuelle, masturbation) posent souvent problème à leur entourage et au personnel soignant. Triste constat lorsqu’on sais que la sexualité peut être une précieuse source de bien-être physique et psychique.

        Commentaire par Christiane Yelle M.A, sexologue & conseillère psychosociale à la SQS — 16 août 2012 @ 9 h 46 min

        • Oui je suis d’accord. Je ne connais pas les procédures appliqués dans de telles situations, mais avec la rareté des personnes formées en sexologie comme vous, j’imagine sans mal que les personnes  »fautives » se font simplement avertir et prier de ne pas recommencer. Est-ce que quelqu’un tente de comprendre plutôt que de reprocher et d’avoir honte?

          Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 10 h 03 min

  24. J’aimerais partager une expérience assez particulière qui m’intrigue toujours et qui peut donner des pistes dans des études futures concernant les mécanismes des symptômes de la pensée obsessive, plus spécifiquement au niveau des désirs sexuels et/ou fantasmes qui soient désirés ou non. Un jour, j’étais hospitalisée, et j’avais pleins de pensées sexuelles, notamment je m’imaginais faire l’amour avec mon mari, parce que celui-ci me manquait et j’étais confiné depuis plusieurs jours à l’hôpital. Ainsi, j’ai décidé d’écouter avec des écouteurs une récitation coranique ( je suis musulmane depuis 2006) et par étonnement toutes ces pensées se sont dissipées voire même disparue complétement. D’ailleurs, je me concentrais pour forcer ma pensée à voir mon mari avec moi faire l,amour et je n’étais pas capable par ma propre volonté. Ceci dit, je crois que les scientifiques doivent se pencher sur l’aspect des remèdes spirituelles qui peuvent avoir un effet positif pour permettre les patients d’enlever les pensées nuisibles à leurs santé. De plus en plus, je prend un temps pour entendre des récitations coraniques dans ma maison, ceci au quotidien, et cela m’aide à avoir moins de pensées désagréables, parce que je vis ce symptômes malgré ma médication, j’ai souvent des pensées qui m’interpellent sexuellement, soit seule ou en public. Les situations les plus gênantes, c’est quand je suis justement avec des gens, et que j’ai des pensées sexuelles qui apparaient, surtout quand je parle avec des personnes. Je dois faire abstractions avec toutes ces pensées nuisibles. Bref, les écritures coraniques est une guérison pour les croyants.

    Commentaire par Danielle — 15 août 2012 @ 18 h 29 min

    • Je crois à la force de la spiritualité des grandes religions. La foi ouvre sur une force
      libératrice qui est à l’oeuvre en faveur des croyants(es). Pour moi Dieu vient en aide,
      il n’est pas celui qui diminue.

      Commentaire par Alain Métivier — 15 août 2012 @ 22 h 44 min

    • Félicitation d’avoir trouvé quelque chose en quoi vous croyez. Votre texte me fait penser à une chose qui a été dite dans un autre témoignage (celui de Marie-Josée plus haut), lorsqu’elle dit que jusqu’à un certain temps, c’est comme si un fil l’a retenait, sauf qu’un jour ce fil a cassé. Si on garde sa comparaison, votre foi est ce fil qui vous retient, qui vous aide sans doute à rester dans la réalité. Le fait d’avoir quelque chose à quoi se raccrocher peut aussi, selon moi, vous aider à garder espoir dans les moments difficile. Quand à l’effet de ces champs sur vos pensées, je crois que cela vous permet de vous concentrer sur autre chose que vos pensées. Toutefois, toute distraction n’est assurément pas efficace pour tous, et il est très possible que votre forte croyance mette cela en avant plan par rapport à vos pensée  »inadéquates »?

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 8 h 52 min

  25. je vous lis et je trouve très intéressent de voir les différents vécus…merci..c’est pas évident de se livrer mais ca aide de voir qu’on n’est pas seul🙂

    Commentaire par marie-josée — 15 août 2012 @ 18 h 35 min

  26. Fi de la sexualité, parfois la nuit je voudrais avoir juste une épaule pour pleurer le pire c’est lorsque je l’ai je me réfugie dans le mutisme. Je ne trouve jamais les mots pour le dire l’amour et parfois le sexe, moi qui me veux poète j’arrive plus a exulter, tout est tendresse, le gros amour sale ça n’existe plus à quoi sert d’être polie quand on aime plus quand on a jamais aimé. Je suis allé jusqu’à l »engueulade comme le minable que je suis, le sexe parfois y’a que ça et ça tiens pas la route c’est comme dans la chanson je voudrais aimer si fort plus fort que toutes mes érections et pour une fois savoir que mon amour n’a pas feint la jouissance. J’ai mal à cette sexualité bancale à cette peur de l’intimité… Et on a pas parlé des danseuses nues chez qui plusieurs trouvent refuge pour combler la profonde solitude maladive. Mes excuses pour cet aparté.

    Commentaire par Bernard Saulnier — 15 août 2012 @ 20 h 31 min

    • Il n’y a pas de mal à s’exprimer face à nos maux et à dévoiler nos secrets intimes surtout dans un forum qui nous permet de révéler une partie de nous-mêmes dans la tangente de la sexualité et notre maladie. Parfois il m’arrive d’être en amour avec mon mari mais de le détester à la fois, comme si il y a quelque chose en moi qui m’empêche d’être en harmonie. Les musulmans croient que des créatures invisibles dénommés djiins qui veut dire « caché » se mêlent à nous et agissent sur nos humeurs et notre pensée afin de créer de la discorde dans les couples pour les désunir. Depuis que je comprend cette réalité, je suis plus en mesure de comprendre mon problème de santé et je fais plus d’effort pour améliorer ma relation avec mes proches. Bref, le diable qui est le premier des djiins cherche à nous égarer et surtout à nous isoler afin de nous dominer.Un jour dans mon passé, en tant que non-musulmane, j’étais seule dans mon appartement et le diable m’a dominé pour faire de moi pour m’abaisser comme un animal dans ma nudité. Je n’étais pas encore en psychose mais cela m’a sombré dans une véritable psychose. En devenant musulmane, je me suis purifié de cela et fais de moi une personne libre.

      Commentaire par Danielle — 16 août 2012 @ 1 h 23 min

    • Bonjour Bernard,
      la communication, ce n’est jamais une chose facile. Comment dire les choses? Quand les dire? À qui les dire? Mais je crois que le  »quoi dire » est le plus difficile. Parler pour parler, tout le monde peut le faire. Parler de la météo et de choses plus banales pour nous. Mais dévoiler ses émotions  »toute nue » à quelqu’un à qui on tient demande beaucoup plus et je comprend votre peur de l’intimité. Cela dit, il y a plusieurs façon d’exprimer ses émotions, et il s’agit aussi de découvrir ce qui est à votre portée. Vous pouvez écrire vos émotions comme vous le faites ici, peut être est-ce plus facile dans le noir qu’à une lumière vive de se dévoilé face à quelqu’un? Quoi qu’il en soi, pour vous qui semblez chercher à vivre votre amour, et non seulement votre sexualité, l’expression de vos émotions est essentielle!

      Pour ce qui est des danseuses, c’est un très bon point. Je ne vois pas cela comme étant malsain, dans la mesure où cela ne remplace pas tout contact humain…Si cela peut permettre d’apaiser toutes sortes de pensée dans un cas où il y a trop de libido et que le partenaire ne peut pas tout combler, je n’ai rien contre, quoi que ça ne m’apparait pas comme une solution à long terme. Toutefois, aller voir les danseuses tous les jours vient satisfaire le besoin d’établir des liens avec les gens, il y a beaucoup de travail à faire…

      D’ailleurs, on peut avoir une discussion similaire par rapport à la pornographe sur le web, dans les revues, etc…

      Qu’en pensez-vous?

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 9 h 11 min

      • Y’a longtemps que je ne vais plus aux danseuses. Quand au vrai amour je viens de terminer une relation que j’avais depuis quatre ans. Je ne sais pas ce que c’est d’aimer…

        Commentaire par Bernard Saulnier — 16 août 2012 @ 9 h 17 min

  27. Portrait de l’éducation à la sexualité dont toutes personnes utilisatrices de services en santé mentale devrait bénéficier

    Dans un article paru en 1995, Trudel, Marchand et Barrette (http://www.er.uqam.ca/nobel/revsexo/revues/revueSexo_v3n2.pdf) ont effectué une recension des écrits sur les programmes d’éducation sexuelle des bénéficiaires résidant en institution. Bien que les recommandations soient vraiment pertinentes, j’aimerais ajouter certains points que je trouve importants en ce qui concerne l’éducation sexuelle des usagers.

    Ainsi, l’éducation sexuelle devrait
    -Aborder, tel que mentionné par les auteurs, un grand nombre de sujets intégrant ainsi les différentes dimensions de la sexualité (biologique et physiologique, psychologique et affective, morale et éthique, développementale et cognitive, sociale et culturelle et relationnelle);
    -Être centrée, non seulement sur les besoins en matière d’éducation sexuelle des bénéficiaires mais, également sur les intérêts, les connaissances et les expériences de l’individu concernant sa sexualité;
    -Favoriser la prise de responsabilités pour une sexualité sécuritaire pour tous de même que le respect de ses droits sexuels pour lui et les autres;
    -Encourager la réflexion, pour chaque individu, sur le genre de sexualité qu’il souhaite vivre en accord avec ses valeurs et les variations culturelles (règles, lois et normes) de son milieu de vie;
    -Respecter la pluralité des identités sexuelles et les appartenances différentes des individus;
    -Permettre la construction des connaissances et la prise de décision;
    -Amener l’individu à croire en une sexualité saine et en sa réalisation de lui-même à travers ses rôles sociosexuels.

    Avez-vous d’autres suggestions?

    Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 9 h 35 min

    • Ces propositions sont très pertinentes et je ne vois pas quoi y ajouter!

      Par contre, je me questionne quant à comment faire un tel enseignement. Personnellement, je conçois surtout une approche de groupe, avec une personne à disposition pour des questions individuelles pour ceux qui en sentent le besoin, car je crois que le groupe peut aider à briser l’effet tabou, sans pour autant tout régler pour ceux qui auraient des problématiques plus complexes…

      Qu’en pensez-vous?

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 10 h 23 min

      • Oui j’abonde dans le même sens. L’approche de groupe permet l’acquisition de certaines habiletés tout en permettant aux participants de réaliser qu’ils ne sont pas seuls, que d’autres vivent les mêmes situations et qu’ensemble il est possible de trouver des trucs, des solutions et même de les amener à poser un regard différent sur leur vécu. L’approche individuelle se fait différemment mais les mêmes objectifs peuvent être poursuivis. De pouvoir combiner les deux approches c’est l’idéal.

        Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 10 h 46 min

  28. Bonjour,

    Je suis un utilisateur de service, un pair-aidant, et un ancien professionnel. Mon masque est une idée tirée du personnage de Wilson-Wilson jr de Home Improvement, personnage dont je m’identifie beaucoup. Mon avatar sera Le Duke.

    La thématique m’interpelle énormément, car il est entendu qu’une relation d’intimité, la sexualité, le toucher sont des besoins fondamentaux chez l’humain, dans ses écrits Boris Cyrulnik nous indique qu’une bonne relation d’attachement chez deux adultes peut guérir des blessures d’enfances, amener chez l’individu blessé un élément créateur de résilience.

    Depuis quelques années, j’ai travaillé à améliorer mon intelligence émotionnelle mais je suis maintenant confronté à la réalité économique, je suis d’âge mur, universitaire, intellectuel, je dirai rat de bibliothèque avec une problématique de troubles anxieux, en recherche d’emploi et sans beaucoup de moyen financier, ce que je constate, c’est qu’il est difficile dans ces conditions d’avoir une relation suivie avec une femme avec qui j’ai des affinités car le statut social, le manque de moyen financier, une certaine stigmatisation face à la maladie mentale font obstacle. Au-delà du premier café, on m’invite à poursuivre la relation en ami.

    Par ailleurs, depuis que j’ai perdu du poids et que ma forme physique est meilleure, ma libido est élevée et est devenue une source de frustration supplémentaire. Enfin, oui pour moi la sexualité est un facteur très important dans le rétablissement d’une personne ayant vécu des problèmes de santé mentale, mais dans la mesure qu’il faut être deux pour danser, deux pour vouloir continuer, je dois dire qu’il m’est très difficile de répondre à mes besoins intimes avec les femmes que je désire. J’avoue qu’aujourd’hui je baisse les bras car je n’ai plus le goût de me battre.

    Par ailleurs, depuis que le thème a été proposé, j’ai fait diverses recherches qui traitent de la thématique de la maladie mentale et de la sexualité. Je vais les regrouper par thématique et vous les proposer. Merci de votre attention. Le Duke.

    Commentaire par Le Duke — 16 août 2012 @ 10 h 36 min

    • Cher Le Duke,
      j’aurais tendance à vous dire que vous avez trop bien travailler sur vous même pour baisser les bras! Je comprends néanmoins votre frustration devant ces désirs non comblés, mais je crois que vous gagneriez à d’abord vous réjouir d’être invité à devenir un ami. Si vous arriver à créer des liens d’amitié, c’est que vous avez certains atouts que vous arrivez à communiqué, les gens vous apprécient un minimum, et vous ne pouvez que profiter de cette occasion de voir comment vous pouvez maintenir des relations sociales, même amicale. Il l’a été dit plusieurs fois dans ce blog: la sexualité est une forme de communication, je dirais même un niveau élevé de communication qui représente bien plus que du désir.
      Ayez confiance en la vie et restez fier de vous, puisque vous avez de bonnes raisons de l’être!

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 10 h 56 min

      • À la défense du Duke (?), je dirais que le « Je comprends mais… » introduit une contradiction dans le discours Joanie, non? Ne faudrait-il pas être cohérent plutôt? Se « réjouir » d’être un ami, d’accord, mais lorsqu’il s’agit d’ « approfondir un sujet », là, c’est là que l’on peut débarquer, n’est-ce pas? Je peux autrement dit faire des sauts sur place, mais s’il s’agit d’en faire dans le but de se casser une jambe, là, c’est là que l’on peut débarquer, n’est-ce pas?

        Commentaire par Jocelyn — 9 septembre 2012 @ 17 h 23 min

    • Bonjour Le Duke,
      J’ai envie de vous dire ne pas désespérer à ce point. Vous avez une force que vous ne soupçonnez peut-être pas. Et, cette force, je la vois dans le fait que vous avez pris les choses en main, vous avez perdu du poids et retrouvez votre forme physique ce qui, à mon avis, constitue une preuve de votre courage et votre persévérance. Je dois avouer cependant que vous n’êtes pas le seul à vivre ces difficultés (statut social, stigmatisation, moyens financiers) face aux relations affectives. D’autres témoignages de ce genre m’ont été confiés. Et, j’avoue qu’il n’y a pas de solutions simples.

      Par contre, il y a aussi quelque chose de très positif dans votre témoignage. Lorsque nous ne pouvons changer certaines choses (ex. prise de médication qui a un impact négatif sur notre sexualité), nous avons toujours la possibilité de changer et de contrôler d’autres aspects de notre vie qui influencent également la libido. Le poids et la santé physique en font partie. Je pourrais nommer aussi la cigarette, le stress, la fatigue excessive, l’alimentation et bien d’autres facteurs sur lesquels nous pouvons agir et qui nous rendent mieux dans notre corps et notre sexualité. Vous avez pris une fois les choses en main, je vous crois capable de le faire une seconde fois.

      Bonne chance

      Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 10 h 59 min

  29. « Or, il faut se rendre compte que la sexualité peut clairement menacer le développement et le maintient des différentes relations sociales qui permettent que tout fonctionne bien…Son importance est si sous-estimée. »

    Je cite les paroles de Joanie (que j’approuve totalement) écrites au point 23 et j’ajoute les commentaies de différents auteurs concernant les bienfaits d’une sexualité bien vécue. Je ne peux fournir la bibliographie complète dans le cadre du blogue mais j’ai délibéremment laissé le nom des auteurs si vous êtes intéressés à approfondir le sujet.

    -Les connaissances sexuelles suffisantes et adéquates favorise un fonctionnement sexuel adéquat qui lui est un facteur de prévention, de réadaptation et de rémission (Kempton, 1977);
    -L’accès aux rôles sociaux et sexuels valorisants serait un facteur-clé de l’intégration sociale d’une personne aux prises avec un trouble de santé mentale (Carling, 1995);
    -Le développement d’habiletés sociales entraîne le développement de relation sociale satisfaisante et prévient la réinstitutionnalisation qui elle est souvent causée par les comportements sociosexuels inadéquats (Kempton, 1977).

    Le fait de vivre des relations sexuelles et intimes :
    -Est un soutien important dans la prévention et le rétablissement des maladies physiques et mentales (Fehr et Perlman, 1985; Lowenthal et Haven, 1968; Reis, 1984 consultés dans Vallerand, 1994);
    -Diminue les effets négatifs de la maladie sur les comportements sexuels (McCabe et Cummins, 1998; Schiavi, 1996; Weeks, 2002);
    -Procure un sentiment de sécurité;
    -A un impact positif sur la qualité de vie;
    -Apporte un mieux-être et une stabilité émotionnel;
    -Diminue l’anxiété et la frustration;
    -Améliore la qualité du sommeil;
    -Augmente l’estime de soi.

    L’expression positive de la sexualité :
    -Permet l’amélioration du bien-être et de la qualité de vie du patient, le développement de son autonomie et l’acquisition de rôles sociaux (Dupras, 1995; Centre hospitalier Robert-Giffard, 2005);
    -Permet l’acquisition de connaissances, d’attitudes et d’habiletés sociosexuelles (Dupras, 1995, 1997 et 1998; Deegan, 1999).

    Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 10 h 40 min

    • Dans cette liste qui montre à quel point il peut être bénéfique de prendre soin de sa sexualité, un détail m’a étonnement accroché: ça ne date pas d’hier! Ce que je veux dire par là c’est que les références mises entre parenthèses montrent que cela fait plus de 70 ans (la référence la plus ancienne date de 1968, et encore je sais que ce n’est pas une liste des plus détaillées), que l’importance de la sexualité est étudiée et démontrée. Qu’est-ce que ça prend de plus pour que ce soit pris en compte? Et bien je crois que ça prend des gens qui osent communiquer ces faits, insister sur leur importance, et nous sommes sur la bonne voie!

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 11 h 07 min

    • Bonjour Annick, ces affirmations et ces références m’apparaissent extrêmement intéressantes! Nous permettrais-tu à la SQS de te citer et d’utiliser ces références dans l’élaboration de notre future section sur la sexualité? Je crois que ça résume bien la pertinence d’intégrer la sexualité dans le processus de rétablissement… et bien que notre section est élaborée pour s’adresser aux personnes atteintes, je crois que les intervenants qui liraient ces arguments prendraient mieux conscience de leurs importances!

      Commentaire par Tania — 16 août 2012 @ 11 h 17 min

      • Bonjour Tania,
        Bien sûr que j’accepte. Ces idées sont tirées notamment d’une formation destinée à des psychiatres sur laquelle j’ai travaillé dernièrement avec une collègue sexologue. Vous pouvez les utiliser en référence. Si vous avez besoin des références complètes des auteurs, n’hésitez pas à entrer en communication avec moi via mon site Internet (lien qui apparaît avec mon nom sous le message).

        Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 14 h 27 min

  30. En janvier 2011, nous avons reçu à la SQS une sexologue, afin de parler de sexualité et schizophrénie. Nous avons permis aux personnes présentes de poser des questions de manière anonyme, sur papier. Quelques questions nous sont apparues comme très intéressantes, bien que les réponses aient été difficiles à trouver. Je vous en transmets 3 ici, et j’aimerais avoir votre avis.
    – Où et comment une personne atteinte peut-elle rencontrer un partenaire?
    – Quels sont les bénéfices et les difficultés rencontrées pour une personne atteinte qui fait le choix d’entrer en relation avec une autre personne atteinte?
    – Comment annoncer sa maladie (ici la schizophrénie, mais on peut généraliser à d’autres troubles de santé mentale) à quelqu’un qu’on fréquente, lorsque la relation devient sérieuse?

    Beaucoup de personnes atteintes, vivant l’isolement, trouvent que c’est un vrai casse-tête de rencontrer de nouvelles personnes, encore plus un partenaire potentiel! Sont-elles limitées aux groupes de soutien avec d’autres personnes atteintes pour faire de nouvelles rencontres? Est-ce plus facile d’être en couple avec une personne atteinte, ou est-ce que cela comporte son lot de défis? Quant à l’annonce de son diagnostic à une personne qui nous tient à coeur, nous avons cherché des similitudes avec les MTS/ITSS, sans vouloir offenser personne bien sûr, simplement nous avons trouvé des similitudes dans les préjugés et la stigmatisation qui entourent les deux cas.

    PS: la conférence de la sexologue est en ligne sur notre site web, il faut toutefois être membre pour y accéder, mais pour ceux que ça intéresse, il y a plus de 20 conférences sur des sujets liés à la schizophrénie (www.schizophrenie.qc.ca)

    Commentaire par Tania — 16 août 2012 @ 11 h 40 min

    • Ces questions sont très intéressantes!!

      Pour ce qui est de où faire des rencontres, je dirais qu’il n’y a pas que les groupes de soutient. Selon moi, nombreux sont les clubs d’intérêt auxquels une personne peut s’inscrire et participer (sports, jeux intellectuels, groupes de cuisine, etc., sans que ce ne soit en lien avec un problème de santé mentale). Toute les communautés ont généralement une programmation très accessible via le web ou même un document écrit au centre communautaire du coin ou livré directement au domicile. De plus, cela permet de centrer les discussions sur une passion commune tout en faisant connaissance, en faisant fi de la maladie mentale.

      Directement en lien avec la 3e question, il est évident que si cette relation développé en dehors des réseaux en lien avec la santé mentale, il faudra bien le dire au partenaire lorsque les choses deviennent plus sérieuse. Je crois que ce qu’il faut partager, c’est son vécu avant un diagnostic. N’ayez pas peur de partager comment vous vous prenez en main, comment vous avez appris à gérer vos difficultés, le partenaire, s’il y a quelque chose de bon de déjà développer, ne pourra que vous admirer pour le chemin parcouru. Il peut tout de même avoir des craintes, mais je crois qu’un bon dialogue saura rassurer et donner espoir!

      Pour la deuxième question, je crois que le principal bénéfice est assurément une compréhension de la maladie mentale tenant pus éloigné les préjugés et fausses croyances. Autant que chacun peu avoir une meilleure compréhension de l’autre et ne pas juger ses actes, autant que la communication peut être extrêmement difficile si les deux partenaires ont des difficultés de communication.

      Qu’en pensez-vous? Qu’en est-il selon vos expériences à tous?

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 12 h 35 min

      • Oui, il faut communiquer, « mettre en commun » selon l’étymologie. Mais il ne faudrait pas oublier que nous vivons dans une société avec des stéréotypes, des fausses croyances à propos de tout et de rien, etc. En partie ou en totalité, est-ce que là ne se trouverait pas le problème de la maladie mentale pour ce qui concernerait les manques au niveau de la recherche, des explications théoriques, de la pratique par conséquent, etc? Pour ce qui concernerait la simple dépression, un sociologue, professeur à l’UQAM et auteur comme Marcelo Otelo (voir le Jobboom d’août, p. 11) penserait qu’elle serait purement d’origine sociale reliée, entre autres, à la [sur]productivité. Wow! comment les psy pourront prendre d’ici les prochaines années son livre sur le sujet, dont le simple article dans Jobboom aurait déjà suscité beaucoup de réactions m’avait affirmé madame Lanthier du Salon (Jobboom)? Sans pourtant vouloir être sexiste, est-ce que monsieur madame tout le monde ne voudrait pas être un bon producteur-concommateur, s’installant ainsi dans une hiérarchie où il y aura forcément des dominants et dominés (voir peut-être la revue Mammouth de CESH à ce sujet, no 8?)? On le sait, dans ce genre de société, la sexualité est quelque chose antiproductive…

        Commentaire par Jocelyn — 11 septembre 2012 @ 18 h 59 min

    • Ces questions sont tellement complexes et mériteraient que des personnes qui ont vécu ces situations partagent leur vécu et leurs trucs s’il en est.

      Quels sont les bénéfices et les difficultés rencontrées pour une personne atteinte qui fait le choix d’entrer en relation avec une autre personne atteinte?
      Parmi les bénéfices rencontrés, je dirais que les gens qui entretiennent une relation en retire une grande fierté et pour certain, une stabilité dans leur vie affective et émotive. Les difficultés se retrouvent souvent sur le plan de la communication.

      Où et comment une personne atteinte peut-elle rencontrer un partenaire? Et Comment annoncer sa maladie? Les commentaires de Joanie sont vraiment très pertinents. J’ajouterais que cela prend une bonne dose d’acceptation de sa maladie pour pouvoir en discuter franchement avec l’autre personne et une bonne dose de confiance en l’autre qui saura accueillir cette confidence.

      Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 14 h 46 min

  31. Un site de rencontre pour nous ? L’organisme Vers l’Équilibre et l’intelligence émotionnelle.

    Quand un service n’existe pas, il faut l’inventer, une personne utilisatrice de service en santé mentale et ancienne bibliothécaire a créé un site de rencontre pour utilisateurs de services en santé mentale. Peut-être cela inspirera une personne qui nous lit actuellement. Allez voir ce site américain juste pour le fun …

    http://www.nolongerlonely.com

    Par ailleurs, dans ma quête pour améliorer mon intelligence émotionnelle : j’ai suivi avec Laurie Chaiken sexologue et une formidable pédagogue, la formation Sexualité: Plaisir et Estime de soi alors que j’étais membre de la Croix Blanche de Montréal maintenant nommé Vers Équilibre. Laurie a créé une nouvelle formation qui sera offert en septembre 2012 aux membres de Vers l’équilibre. Elle traitera de l’image corporelle et s’institulera l’Image Corporelle: Nouveau Regard. En passant, j’ai suivi 10 ateliers avec eux, tous aussi profitable les uns des autres…..

    Pour plus d’information : http://www.verslequilibre.ca

    Le Duke.

    Commentaire par Le Duke — 16 août 2012 @ 11 h 48 min

    • WOW! Merci Le Duke pour ces liens… Comme tu dis, il serait intéressant d’avoir une version québécoise du site de rencontre. Et quelle belle initiative de la Croix Blanche de Montréal pour ces ateliers. À suivre!

      Commentaire par CERRIS — 16 août 2012 @ 11 h 54 min

    • Quelle belle façon de montrer son acceptation et d’être fière de soi que de s’afficher aussi ouvertement comme étant atteint d’une maladie mentale, et ce dans le but de faire des rencontres.

      Quant aux différentes formations que vous avez suivi, merci de partager cette référence qui peut probablement aider beaucoup d’autres personnes (il est parfois difficile, même pour les professionnels, de connaître de telles ressources!). Est-ce que ce sont des formations de groupe? Et si oui, croyez-vous que les échanges avec les autres vont ont étés autant profitables que le contenu des formations?

      Merci!

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 16 h 10 min

  32. (C’est un commentaire que je veux mettre ici et non une réponse à un commentaire. J’ignore si je m’y suis prise de la bonne façon)

    En voulez-vous un deuxième? N’est-ce pas la première question que l’on nous pose quelques semaines à peine après avoir accouché?

    J’allais en avoir deux ou trois! C’était dans nos plans. Je voulais offrir à mon fils la complicité… d’un frère ou d’une sœur. Si c’était une fille, elle allait s’appeler, Charlie. On l’aurait fabriqué deux ou trois ans après le premier. J’ai gardé berceau, poussette et autres jouets durant quatre ans avant de finalement les laisser aux mains d’une vente de garage. J’avais une garde-robe désordonnée et remplie : doudous, coussins d’allaitement, barrière de sécurité, siège de bébé… J’avais tout laissé là… au cas où.
    L’automne dernier, on a mis le dernier clou dans le cercueil. Mon chum s’est fait vasectomiser. C’était définitif.

    J’ai reçu mon diagnostic de trouble bipolaire de type 2, un an et demi après avoir accouché de mon garçon. Après mon congé de maternité, je suis retournée travailler et j’ai sombré quelques mois seulement après mon retour : dépression. C’est là qu’on a mis au jour mon trouble bipolaire.
    Ma grossesse a-t-elle été un élément déclencheur? Peut-être. Je crois que je n’avais jamais été aussi anxieuse de ma vie.
    Je n’ai jamais encore abordé, ici, le sujet de la sexualité, de la maternité, de ce qui touche cet aspect un peu plus intime de la maladie. Je le fais pour alimenter le débat en cours sur le site….et parce que ce n’est pas supposé être un tabou.

    Il nous a fallu du temps pour mettre une croix sur ce deuxième enfant. Médicalement, on m’a ouvert grandes les portes des possibilités. Mon médecin, proactive et prévoyante, m’a orientée vers une médication qui l’aurait permis. Je connaissais les enjeux médicaux et je savais que j’allais être bien suivie.
    J’avais envie de revivre la maternité, mais dans un climat plus calme, où j’aurais eu plus d’assurance. Quand mon garçon est né, j’étais si anxieuse que j’en avais perdu la faculté de dormir. Je n’étais plus toujours moi-même.
    Deux ans plus tard, mon état s’était relativement stabilisé. On a essayé durant quelques mois d’en avoir un autre. Je me suis aperçue, au fil des mois, que je n’étais pas prête. On a cessé d’essayer. On a réfléchi… autrement.

    Mon équilibre, je l’avais difficilement trouvé, et rien n’est jamais acquis. J’avais connu des rechutes, mais j’arrivais à vivre de belles périodes de stabilité. Nous avons réalisé que le couple et la famille avaient ses limites. Une grossesse risquait de perturber ma médication, sans compter le fait que j’allais devoir la diminuer. J’allais peut-être rechuter – un risque que nous ne voulions pas prendre. Nous avions un fils extraordinaire et je sais que, malgré les hauts et les bas de ma maladie, j’ai bien profité de chaque étape de son développement. Nous avons, comme dirait mon chum, une belle bulle. Nous avons du plaisir à vivre ensemble tous les trois. C’est précieux.
    Pour ce qui est de la sexualité, parce que ça aussi ça perturbe un couple. C’est le néant en période trouble. La médication a bien quelque chose à y voir, mais c’est surtout l’état d’esprit qui n’y est pas.

    Le désir est revenu, mais durant le processus, les moyens de contraception ont été éliminés les uns après les autres pour des raisons de santé. Plus de pilule, stérilet et autres bidules. Ne restait plus que la bonne vieille capote et vous savez comme moi que….
    Il ne restait que le bistouri! Une solution définitive qui allait sceller notre décision. Nous avons choisi la santé sexuelle heu… mentale de notre couple.
    Mon fils a eu six ans cette semaine. Il est grand et costaud, comme son père. Il m’arrive encore de devoir me résoudre à l’idée qu’il n’y en aura qu’un. Que je n’aurai pas le privilège d’en voir grandir un autre.

    Mais vous savez, il vient encore se bercer avec moi sur cette même berceuse où j’ai passé tellement d’heures à l’allaiter. Je le prends et lui rassemble ses grandes jambes et ses grands bras dans un petit paquet et il est encore mon petit garçon.

    Commentaire par grenonjulie — 16 août 2012 @ 12 h 00 min

    • Bonjour Julie,
      Votre témoignage fait état des nombreux deuils que les personnes aux prises avec un problème de santé mentale doivent affronter. Je parle du deuil de l’état de santé optimale, le deuil de la maternité (ou d’une famille nombreuse dans votre cas), deuil du travail et même de la sexualité et du couple. Heureusement pour vous, ce ne fut pas votre cas pour la sexualité et le couple. Par contre, vous dites qu’en période trouble la sexualité n’existait pas. Or, il est vrai que la souffrance prenant toute la place, il devient difficile de se concentrer sur d’autres aspects de notre vie. Par contre, comme je crois le comprendre dans votre témoignage, être entourée de personne qui nous aime et nous apprécie sont d’une grande importance pour le rétablissement et le retour à une vie affective et sexuelle saine. J’aime bien la nuance que vous apportez en mentionnant que vous avez choisi la santé sexuelle…mentale de votre couple. La communication et le dialogue ont dû prendre une grande place pour en arriver à traverser cette période et pouvoir, maintenant, en parler aussi sereinement. Bravo!

      Commentaire par Annick Bourget M.A. sexologue — 16 août 2012 @ 14 h 37 min

    • Bonjour Julie, je suis tout à fait d’accord avec ce que dit Mme Bourget et j’ajouterais que vous et votre conjoint avez su faire preuve d’une excellente communication. Toutes ces décisions (essayer, mettre le projet en attente, puis mettre définitivement une croix dessus), vous les avez prises ensemble, vous semblez vous être donné tout le temps nécessaire pour y réfléchir. Vous avez effectivement du faire le deuil d’une famille plus nombreuse, mais vous avez fait le choix d’une vie stable, de vous investir auprès de ce que vous possédez déjà et qui vous apporte son lot de bonheur.
      Bonne continuité avec votre belle famille et félicitation!

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 16 h 46 min

    • Je savais que ta plume saurait encore nous inspirer! Merci de nous permettre d’entrer dans… ta chambre à coucher!😉 Et surtout de nous aider à briser les préjugés!!!

      Commentaire par Isabelle Boucher — 16 août 2012 @ 22 h 23 min

  33. Vivre en solo mais vivre libre et heureux….

    L’association canadienne pour la santé mentale filiale de Montréal a créé pour les organisations qui en font la demande la formation : Vivre en solo. J’ai bénéficié de la formation offerte par Jeanne Madore sexologue, et je dois dire que plusieurs éléments de cette formation ont contribué à aller à la rencontre des autres. Pour en savoir plus, j’ai fais du copier coller et je vous présente des éléments tirés de leur site web: http://acsmmontreal.qc.ca/qui-nous-sommes/personnel-de-lacsm-montreal/

    Texte tiré de leur site web: « Formation : Vivre en solo.
    Animatrices : Mme Nicole Bérubé, Mme Marie-Michèle De Sylva, Mme Jeanne Madore.
    Plusieurs facteurs sociaux font qu’un très grand nombre de personnes vivent seules et isolées et ressentent une détresse psychologique importante qui peut mettre en péril leur santé mentale. C’est donc pour prévenir ces problèmes et fournir des stratégies concrètes pour mieux y faire face que le programme Vivre en solo a été mis sur pied et qu’il est offert à la population via plusieurs organismes communautaires et CLSC de Montréal. Par ce programme, l’ACSM-Montréal offre des ateliers pour apprendre à gérer la solitude et prévenir des problèmes de santé mentale. De plus, la participation à ces ateliers favorise l’entraide, la consolidation du réseau social et les changements d’attitude pour contrer l’isolement ».

    Pour en savoir plus sur ce programme: http://acsmmontreal.qc.ca/category/vivre-solo/

    Présentation du programme Vivre en solo: « Qu’elles soient célibataires, séparées, divorcées, veuves ou même en couple, le nombre de personnes vivant seules est en croissance constante, particulièrement dans la région montréalaise. Que ce soit par choix ou par obligation, la vie en solo peut représenter l’autonomie et la liberté, mais aussi parfois la solitude et l’isolement. […]  »

    Pour en savoir plus : http://acsmmontreal.qc.ca/qui-nous-sommes/personnel-de-lacsm-montreal/

    Le Duke

    Commentaire par Le Duke — 16 août 2012 @ 12 h 55 min

    • Bonjour Duke,

      Cette formation est ouverte à toutes les personnes qui vivent seules, qu’elles aient une problématique de santé mentale ou non? Puisque la description parle de « prévention » des problèmes de santé mentale liés à la solitude, je me demande à quel point le contenu est intéressant pour les personnes atteintes. Pourrais-tu nous en dire plus sur les éléments dont tu as bénéficié dans la formation? Est-ce seulement au niveau des rencontres que tu y as faites, ou au niveau des apprentissages aussi? Si c’est pertinent, la SQS pourrait en glisser un mot à ses membres!

      Commentaire par Tania — 16 août 2012 @ 15 h 02 min

    • Cette formation vivre en solo me fait réfléchir à une situation que je vois souvent, maladie mentale ou pas. J’ai tellement souvent vu des gens célibataire vouloir faire des rencontre avec une claire impatience d’être en couple. Pour moi, apprendre à vivre seule, c’est une superbe occasion d’apprendre à s’aimer suffisamment soi-même, à bien se connaître, à revoir ses propres priorités. Il demeure évident que tout le monde veut vivre l’amour et c’est normal. Mais pourquoi ne peut-on pas être patient, être heureux de se faire des amis, plutôt que d’être déçu qu’après une soirée, il ne soit pas encore question d’amour. Créer des liens d’amitié permet quand même d’agrandi le réseau social et les occasions de faire d’avantage de rencontre.

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 16 h 37 min

  34. Si cette idee est enviseagee, d’aborder le sujet de la sexualite avec les utilisateurs, elle doit etre executee a travers des personne tres soigneusement choisies, et du meme sexe que l’utilisateur respectif, et avec un plan relatif a chaque different cas.

    Le reste, peut etre facilement deduit par les medecins et intervenants.

    Commentaire par AngelHeart — 16 août 2012 @ 14 h 18 min

    • Bonjour,
      je comprend que vous voues sentiez plus à l’aise avec quelqu’un du même sexe que vous, mais je crois que chaque personne a sa propre zone de confort et cela pourrait être totalement l’inverse pour une autre personne. Je crois donc qu’avant même d’entrer dans le vif du sujet avec un client, le professionnel devrait en quelques sortes demander la permission d’en parler. Comme future professionnelle de la santé, je vais tenter de comprendre quelles sont les barrières pour en parler et si l’obstacle est trop grand, référer à quelqu’un de plus approprié pour la personne.

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 16 h 18 min

      • Plusieurs en fait signalent une preference de le faire avec le sexe oppose. Une forme de la peur et/ou embarras de leurs ‘peers’. Pour eventuellement decouvrir que ‘l’evolution’ recherechee a le plus de chance avec quelqu’un du meme sexe pour ‘role modele’ – et ca se traduira en avantage sur plusieurs niveaux – pas juste la sexualite. Autrement dit, ca remplace le trou causer par la (ou le manque de) une parentetee adequate/informee/presente…

        D’ou des intervenants « soigneusement » choisi(e)s.

        Comme ‘future’ professionelle, ca serai qq chose de naturel a decouvrir.

        Commentaire par AngelHeart — 16 août 2012 @ 20 h 11 min

  35. Le professionnel en réhabilitation et la sexualité des usagers

    Les deux textes qui suivent traiteront de la sexualité et le rôle du professionnel de la réadaptation : Ils sont tirés de deux sites internet dont les adresses suivent plus bas.

    « La sexualité est un aspect fondamental de la santé et du bien-être de l’ensemble des individus, mais il s’agit d’un sujet délicat qui est souvent difficile à aborder, même au sein des relations les plus intimes. Ceci est d’autant plus vrai dans certains contextes, comme dans les hôpitaux ou les établissements sanitaires où les interactions sont de nature plus formelle. Il est important que les professionnels de la santé maîtrisent bien le sujet et soient à l’aise avec celui-ci afin de traiter adéquatement des questions concernant la sexualité. Dans les établissements de soins de santé en revanche, la plupart des professionnels estiment avoir peu de moyens pour discuter des préoccupations sexuels de leurs clients et de leurs patients. Plusieurs considèrent qu’ils manquent de compétences pour dispenser des soins de santé en matière de sexualité et affirment ne pas connaître précisément leur rôle dans la prestation de ce genre de soins (Anderson 1992, Conine 1984). Malgré l’augmentation du nombre d’activités de formation et d’éducation, la plupart des prestataires de soins, y compris les professionnels de la réadaptation, sont encore mal à l’aise avec les services de santé sexuelle.

    Ce texte est disponible au : http://cirrie.buffalo.edu/encyclopedia/fr/article/29/

    « PEOPLE WITH LEARNING DISABILITIES – RELATIONSHIPS AND SEXUALITY: POLICY AND PRACTICE GUIDANCE FOR STAFF
    1.0 INTRODUCTION
    The need for intimate emotional, physical and sexual closeness is a basic human need – one of the human givens. An inability to successfully meet this need will prevent the individual concerned from achieving optimal mental health and may result in considerable unhappiness and personal distress for some individuals. Fulfilling a need for intimacy and emotional closeness will contribute significantly to meeting other key human needs such as security, attention and a sense of status. Emotional connection with another human being goes a long way to giving our lives meaning and purpose.

    Every human being benefits from the sense of closeness and mutual support that comes from having a network of relationships developed through school, work, hobbies and community activities. Experience of a variety of relationships helps us to develop the social skills, confidence and self esteem that underpin our ability to make, sustain and break more personal relationships and to express our sexuality.

    To be a human being is to be a sexual being. Although there may be a range of intensity, varying over time, we all have sexual needs, feelings and drives from the most profoundly disabled to the most able among us. Although we can shape (and mis-shape) sexual expression, sexuality is not an optional extra which we in our wisdom can choose to bestow or withhold according to whether or not some kind of intelligence test is passed.” Dr Ann Craft Mental Handicap and Sexuality Issues and Perspectives, Costello 1987. Many of our service will not express a need for an active sexual relationship. »

    Ce texte est disponible au : http://www.drh-uk.org/drh_docs/resources/70.pdf

    Le Duke.

    Commentaire par Le Duke — 16 août 2012 @ 14 h 41 min

    • Tout cela est tellement vrai. Autant que comme professionnels (future professionnelle dans mon cas), on peut être tout à fait conscient d’un besoin sans être pour autant outillé pour y répondre. Pourtant, la santé sexuelle DOIT être abordée, doit être considérée à sa juste valeur pour permettre la santé émotive, le rétablissement, l’intégration sociale et plus encore. Je vous encourage fortement à aller consulter le point 29 du forum, où Mme Bourget rapporte les bienfaits d’une sexualité saine.

      Commentaire par Joanie Lepage, étudiante en ergothérapie — 16 août 2012 @ 16 h 27 min

  36. Un titre de revue et deux formations spécialisées

    Pour ceux et celles qui lisent l’anglais, un numéro complet d’un magazine en pdf est disponible sur internet et traite de plusieurs sujets amenés dans le blog . Il a été réalisé par la section de la Colombie-Britanique de l’association canadienne de la santé mentale. Pour y jeter un coup d’œil et se le procurer :
    http://www.cmha.bc.ca/get-informed/personal-stories/visions-journal/sexuality
    Son titre : Visions – Sexuality, Intimacy and Relationships, No. 8 (Summer 1999) | 32 pages | PDF (660 Kb)

    Perspectives on Relationships and Intimacy :
    •Friendship, Intimacy and Sexuality Among Persons With Serious Mental Illness (William Whetstone & Ann C. Rich)
    •In Praise of a Loving Reflection (Patricia Wilkinson)
    •And Depression Makes Three: The Path Romance Takes When One Half of a Couple Lives With Severe Depression (Sarah and Chris)
    •Commitment: In Sickness and in Health (Kathleen A. Baynes)
    Intimacy in Supervised Housing
    •Sex in Residential Settings: Panel Discussion Identifies Range of Issues (Marie-Claude Lacombe).

    Par ailleurs, des formations ont été créées spécialement pour des clientèles vivant des problématique de santé mentale. Le premier exemple est pour les personnes souffrant de schizophrénie : http://www.health.am/psy/more/friendship-and-intimacy-module/et
    http://www.health.am/psy/more/friendship-and-intimacy-module/#ixzz23ZTrKVKg

    Le deuxième exemple est pour les personnes souffrant du syndrome d’Asperger. Les livres traitant du syndrome d’Asperger sont tout deux livres disponibles à la grande bibliothèque.

    « Sexualité et syndrome d’Asperger : éducation sexuelle et intervention auprès de la personne autiste », d’Isabelle Hénault : Bruxelles : De Boeck, 2010

    « Le syndrome d’Asperger et la sexualité : de la puberté à l’âge adulte » d’Isabelle Hénault, Montréal, Chenelière éducation, 2006.

    Il est entendu que d’autres clientèles peuvent tirer un certain profit de ces formations. Merci de m’avoir lu.

    Le Duke

    Commentaire par Le Duke — 16 août 2012 @ 16 h 13 min

    • Merci Duke pour ces références, c’est avec grand intérêt que je les consulterai!

      Commentaire par Tania — 16 août 2012 @ 16 h 40 min

  37. Lorsqu’on a voulu créer du contenu sur la sexualité, on a regroupé toutes les questions reçues par nos membres; plusieurs concernaient la maternité / parentalité.
    Nous avions d’abord cru bon de regrouper le tout sous une même section: après tout, la sexualité mène parfois à la parentalité!
    Cependant j’ai pu constater, en fouillant le sujet – et je constate la même chose dans ce débat – que la maternité est un sujet en soi, et que lorsqu’il est question de sexualité chez les personnes atteintes de maladie mentale, on a bien souvent tendance à mettre la maternité / parentalité de côté. Est-ce parce que ça ne concerne pas un nombre assez grand de personnes atteintes? Est-ce considéré comme un sujet secondaire et lointain, puisqu’il y a tant de symptômes / éléments à s’occuper avant d’en venir là? Est-ce un prolongement des préjugés, qui véhiculent souvent l’idée que les personnes atteintes de troubles dits sévères (comme la schizophrénie) ne devraient pas être parents?

    J’ai l’impression que tout s’imbrique pour qu’on néglige le sujet, difficultés à sortir de son isolement et à communiquer, baisse de libido, effets de la médication sur les fonctions érectiles, déjà, tous ces effets de la maladie rendent bien compliquée la procréation! Cependant les personnes atteintes vivent très difficilement le deuil de la vie « normale » telle que définie par notre société, qui est d’être en couple, d’avoir des enfants, etc. Plusieurs espèrent, malgré la maladie, avoir des enfants, et ce n’est pas impossible, lorsque les personnes sont bien soutenues et encadrées, par l’équipe traitante et leurs proches.

    J’aimerais porter à votre connaissance une conférence donnée à la SQS « Maternité et schizophrénie », par une experte en la matière, Dr Marie-Josée Poulin.
    Elle est aussi disponible en format vidéo en ligne dans la section des membres de notre site. http://www.schizophrenie.qc.ca
    Dr Poulin y a traité de deux questions:
    – Comment évaluer les enjeux d’une grossesse pour une femme atteinte de troubles psychotiques et pour son enfant à naître ?
    – Quels sont les types d’interventions nécessaires, leurs bénéfices et leurs risques respectifs ?

    Je pense qu’il est essentiel de connaître l’existence de sa clinique, qui est unique au Québec: depuis 2003, Dr Poulin est en poste à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, où elle a créé un programme-clientèle de psychiatrie périnatale voué au dépistage, au diagnostic et au traitement des troubles mentaux durant la grossesse et la période postnatale. Les femmes peuvent là-bas être suivies adéquatement, en regard de leur diagnostic et des traitements qu’elles reçoivent, et peuvent même être hébergées dans le département dans les premiers temps suivant la naissance de l’enfant, afin d’être supportées au maximum. Les pères ne sont pas laissés de côté, et les enfants, lorsqu’ils atteignent l’âge de comprendre, bénéficient d’une rencontre avec la psychiatre pour leur expliquer la maladie, et leurs risques de développer eux-mêmes la maladie (et d’éviter, par exemple, le cannabis qui peut être un élément déclencheur). Un très beau projet, on aimerait en voir d’autres du genre!!

    Commentaire par Tania — 16 août 2012 @ 16 h 54 min

  38. Le mot de la fin pour le concours.. mais continuez à bloguer!

    Voilà! Le second débat d’idées sur le Blogue-Notes du CÉRRIS est terminé, pour la partie relative au concours et au tirage des prix. Nous sommes fiers d’avoir réussi à créer un véritable dialogue entre les étudiants, les personnes utilisatrices de services et leurs proches, et les intervenants en santé mentale.

    Au nom de toute l’équipe du CÉRRIS, merci pour votre généreuse participation et pour vos commentaires qui nous ont poussés à réfléchir sur la place de la sexualité dans le processus de rétablissement des personnes utilisatrices de services en santé mentale. Un merci tout spécial à notre équipe de blogueurs principaux qui ont relevé le défi avec brio et qui se sont investis entièrement dans cette activité.

    Demain midi, vous connaîtrez le nom des blogueurs-gagnants qui remporteront le iPod touch ainsi que les cartes-cadeaux iTunes. Leurs noms ou pseudonymes seront affichés ici-même.

    JE VOUS INVITE À POURSUIVRE LA DISCUSSION… Continuez d’alimenter le débat!

    À bientôt et au plaisir de vous lire lors d’un prochain débat! Si vous avez des suggestions de thèmes, partagez-les ici avec nous!

    Dominique Michaud
    Coordonnatrice, CÉRRIS

    Commentaire par CÉRRIS — 16 août 2012 @ 17 h 13 min

    • Expérience formidable! Je me permet de vous suggérer un thème à venir: SANTÉ
      MENTALE, RÉTABLISSEMENT ET SPIRITUALITÉ. Je serai toujours disposé, selon votre
      évaluation, à participer aux prochains BLOGUES-DÉBAT. Au plaisir!

      Alain Métivier Pair aidant, Membre du Comité des Usagers de l’Institut
      Universitaire de santé mentale de l’Université de Montréal.

      Commentaire par Alain Métivier — 16 août 2012 @ 17 h 35 min

    • Vraiment j’ai beaucoup apprécié participer à ce blogue, cela m’a permis de verbaliser des mots à travers mes propres maux qui concernent ma maladie en lien avec un sujet souvent dans l’ombre qui est la sexualité. La proposition d’Alain Métivier m’intéresse beaucoup, étant donné que la spiritualité est un domaine dont je maîtrise beaucoup surtout concernant la médecine islamique, toujours en lien avec la psychiatrie. Ceci dit, je vais attendre impatiemment votre prochain débat en automne incha Allah. Je souhaite une bonne fin de saison d’été à tous et toutes. Et pour ma part, j’aimerais rajouter quelques commentaires que je n’ai pas eu le temps d’écrire pour ce débat, est-ce que c’est possible de poursuivre même si le débat est fini?

      Commentaire par Danielle — 17 août 2012 @ 11 h 49 min

      • Danielle, il est tout à fait possible de poursuivre la discussion sur le Blogue-Notes. Je vous encourage fortement à le faire. Je suis aussi très heureuse de savoir que vous avez apprécié cette activité. Au plaisir de vous lire lors d’un prochain débat!

        Commentaire par crfscerris — 17 août 2012 @ 12 h 07 min

  39. Merci Alain. Je prends en note votre thème et c’est avec plaisir que je vous lancerai l’invitation en automne prochain pour notre prochain débat d’idées.

    Dominique Michaud

    Commentaire par crfscerris — 17 août 2012 @ 10 h 56 min

    • Mme Michaud, il y aurai tant de thèmes pour nourrir un blogue-débat. Ce serait
      aussi fort intéressant de nous arrêter sur le thème SANTÉ MENTALE et le CODE
      CIVIL. En bref, les droits et les devoirs des PUDS. Et………. Encore une
      fois, mes félicitations pour votre initiative. J’apprécie, en passant, ce cadeau
      de $25.00. À la prochaine!

      Alain Métivier Pair aidant

      Commentaire par Alain Métivier — 17 août 2012 @ 16 h 09 min

  40. Merci à l’ensemble des blogeurs qui ont participé aux 2 débats-blogues du Cérris…

    Commentaire par Chad,G C — 17 août 2012 @ 13 h 02 min

  41. Bonjour à tous,

    Je me demande bien en quoi la sexualité pourrait déranger une personne. N’étant pas spécialiste de ce genre de question, il me semble que ça pourrait être temporaire, mais qu’il faudrait quand même informer le principal intéressé du pourquoi. Ce pourquoi ne pouvant éventuellement être respecté, est-ce que tout ne pourrait pas être arrêté tôt ou tard, ayant simplement appris de nos erreurs? Cependant, en quoi l’alimentation tout comme la sexualité dans le but de reproduire l’espèce comme de la conserver par des moyens légaux, pourraient être des erreurs? Aurait-on pu déjà entendre ce genre de propos de la bouche même de nos contemporains?

    Comme pour d’autres choses, n’oublions pas que la sexualité est encore largement tabou dans nos sociétés du XXXIe siècle. Même le mot plaisir, aurait dit un biologiste des comportements comme Henri Laborit, serait suspect plutôt que soulagement, bien-être, bonheur, etc. Quel soulagement! quel bien-être! quel bonheur! pourraient être plus acceptables comme expressions croirions-nous? Mais si j’ai un faible pour les queues de billard sans les collectionner, m’en voudra-t-on d’en avoir un pour les queues de cerise (sur le « sundae »)?

    Dans un couple, par exemple, les simples caresses seront normales alors que chez un célibataire [biologique], elles seront éventuellement suspectées comme douteuses, voire perverses. Sait-on interrogé à savoir si les couples avaient plus de relations sexuelles que les célibataires pouvaient se caresser? Si ces caresses sont plus importantes chez le soi-disant pervers, la quantité n’égalant toujours pas la qualité, ne serait-il pas naturel qu’elles se réalisent dans le but de sauvegarder ce qui resterait de normal « entre les deux oreilles » aurait dit un certain Dr Lamontagne?

    Encore une fois, n’avait-on pas cru à une certaine époque que la masturbation rendrait sourd, sinon fou? Même si on avait suggéré par exemple de se masturber à ce qu’on appellerait encore des fous, et ce dans le but que ces derniers se libèrent de tensions, ne leur risquait-on pas davantage la stigmatisation et l’internement à perpétuité, faisant commettre par le fait même un imparable sacrilège passible d’une damnation éternelle? Ne se serait-on pas servi autrement dit de la sexualité dans le but de se donner bonne conscience, de redorer son blason, voire de se venger inconsciemment ou à moindre frais?

    Vous voudriez d’autres preuves peut-être plus éloquentes? L’habit ne faisant toujours pas le moine comme on le saurait, est-ce que des ecclésiastiques n’auraient pas abusé d’enfants jusqu’à leur démenti? Est-ce que le viol n’aurait pas été que récemment considéré comme un crime contre l’humanité par des militaires, et ce, au même titre que la torture? N’aurait-on pas été jusqu’au pénal pour crime sexuel alors qu’il s’agissait plutôt d’un alibi pour « cuisiner » quelqu’un en lien avec une autre affaire (perfidie?)? Ces exemples me paraissent importants, car ils seraient en lien avec notre capacité à aider quelqu’un en santé mentale, en fonction de celle à pouvoir se mettre dans la peau de ceux qui souffriraient réellement. À une certaine époque victorienne, duplessiste… est-ce qu’un dénommé Freud ne nous aurait pas déjà averti de ce genre de chose?

    Pour ma part, j’avoue avoir tellement été conditionné socioculturellement parlant par toute une morale judéo-chrétienne, que si je savais que le pape se… il est à peu près certain que je ne l’accepterais pas (et vous?). Est-ce que pour un certain président des USA comme on le saurait, ça n’aurait pas mieux passé comme moins entacher une réputation? Surtout, tout ce que je viendrais de mentionner serait tout simplement délirant, n’aurait ni queue ni tête, sauterait du coq à l’âne, etc? Mais voyons donc, qu’allez-vous penser là?! Bon, d’accord : XXIe siècle et non pas XXXIe siècle. Est-ce que ça ne pourrait pas mieux aller de cette façon?

    N’oublions pas enfin que comme pour l’alimentation où on met toutes les chances de son côté en mangeant de façon diversifiée, il serait normal de connaître un maximum de choses possibles qui soient positives, concrètes et qualitatives dans le but de contrer l’adversité (surpoids, inflexibilité, faiblesse, pauvreté, ennui, maladie, etc.). Pour ce qui concernerait pas conséquent les installations à Louis-H. et ailleurs, ainsi que pour le personnel soignant, ils ne seraient peut-être pas propices à une sexualité normale chez ses résidants. Mais ne pourrait-on pas faire en sorte qu’elle le soit par l’éducation, les rencontres entre… la contraception, la maison chez… etc., tout en spécifiant le fait que nos sacro-saintes lois morales devraient être révisées?

    Merci de m’avoir lu, encore une fois.

    Commentaire par Jocelyn Beaudry — 23 février 2013 @ 16 h 53 min

    • M.Beaudry, je suis Pair aidant certifié et ex-utilisateur de services. Tout comme pour vous, la sexualité est une réalité qui concerne tous les êtres humains.

      Bien des personnes ont écri sur le sujet. Plusieurs en parlent largement, mais en fait de compte nous sommes responsables de notre propre sexualité. Je crois que nous avons toute la vie pour devenir des personnes libres, il en est de même dans notre manière de vivre notre sexualité.

      Commentaire par Alain Métivier — 23 février 2013 @ 21 h 18 min

      • Bonjour cher M. Métivier,

        La sexualité est une réalité qui concerne tous les êtres humains si on connaît de quoi il en retourne, si on la pratique ou pas, si on désire aider ses amis(es) ou son prochain pour X raison et parce qu’on la pratiquerait ou pas, si surtout on serait payé pour aider ceux qui auraient quelques difficultés avec ça il me semble, n’est-ce pas? Pour ce qui concernerait la notion de responsabilité, nous serions tous au fond des irresponsables puisqu’elle n’existerait pas réellement, tout comme la notion de liberté qui y serait rattachée. Mais j’inviterais personne à réellement partager ce qui serait une opinion discutable au yeux d’une majorité. Merci quand même pour votre intervention.

        Commentaire par Jocelyn Beaudry — 24 février 2013 @ 12 h 49 min


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